Les SCPI, un placement encore protecteur?

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La pierre papier n'échappe pas au tour de vis fiscal. Et elle ne sortirait pas indemne d'une crise économique.

C'est un placement discret, qui a déjà séduit quelque 600 000 Français, dont certains depuis trente ans. Et qui pourtant n'a jamais autant attiré de souscripteurs. Au premier semestre, les SCPI, ces sociétés chargées d'acheter et de gérer des immeubles, ont collecté 60 % de plus que sur la même période de 2010, qui avait déjà battu tous les records.

La plupart des SCPI détiennent des bureaux, le placement immobilier qui offre la plus forte rentabilité locative. Elles gèrent ce patrimoine, trouvent les locataires, encaissent les loyers, décident des travaux... et reversent aux souscripteurs chaque trimestre une quote-part des loyers. «Notre clientèle rajeunit. Les SCPI attirent notamment les quinquagénaires, qui cherchent ainsi à se préparer un complément de retraite», note Alain Boyer-Chammard, PDG d'Immovalor (Groupe Allianz).

La rentabilité, même si elle s'est émoussée ces dernières années, reste très attrayante : environ 5 % aujourd'hui. Sans compter les éventuelles plus-values. «Sur le marché de la revente des parts de SCPI, les acheteurs sont plus nombreux que les vendeurs, ce qui a tiré les prix à la hausse ces dernières années», explique Jacqueline Faisant, présidente du directoire de BNP Paribas REIM.

Ce placement est-il un havre de paix en ces temps difficiles pour les épargnants ? «Une longue crise économique aurait un impact sur le marché des bureaux et les loyers, et donc aussi, avec un certain décalage sur les SCPI. Mais, pour l'instant, le plus probable est une stabilisation du rendement et du prix des parts», estime Jacqueline Faisant.

En revanche, comme tous les autres placements, les SCPI sont pénalisées par le tour de vis fiscal du gouvernement. Elles subiront l'impôt sur les plus-values en cas de revente avant trente ans. Jusqu'à présent, elles en étaient souvent exonérées, même avant quinze ans puisque les cessions de moins de 15.000 euros n'étaient pas fiscalisées. Cette exception a été supprimée... mais certains gardent l'espoir qu'elle soit rétablie dans les prochains débats parlementaires.

Les SCPI Scellier moins séduisantes

Les nouvelles règles de l'impôt sur les plus-values sont encore plus contraignantes pour les SCPI qui investissent dans les logements neufs et font ainsi profiter les souscripteurs de la réduction d'impôt Scellier. Contrairement aux SCPI de bureaux, que l'épargnant peut conserver aussi longtemps qu'il le souhaite, les SCPI Scellier sont en effet conçues pour être dissoutes après environ quinze ans : les logements sont vendus, pour rembourser les souscripteurs. Pas question donc de les garder plus longtemps.

Autre mauvaise nouvelle pour ce placement : la réduction d'impôt devrait tomber à 14 % pour les Français qui souscriront l'an prochain. Ce qui rend encore plus séduisantes les SCPI Scellier encore commercialisées cette année : elles donnent encore droit à une réduction d'impôt de 22 %.

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