Les scientifiques tenteront jeudi de contacter le robot Philae

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* Le robot est actuellement en hibernation électronique * Le réveil est espéré au plus tard au mois d'août * Philae pourrait alors reprendre ses forages par Julie Rimbert TOULOUSE, 11 mars (Reuters) - Le centre de contrôle de Philae va tenter jeudi d'entrer en communication avec le robot, quatre mois après son atterrissage sur la comète Tchouri, dans l'espoir d'un réveil qui permettrait de l'activer, a annoncé mercredi le CNES de Toulouse. Depuis le 12 novembre 2014, Philae, mis au point par l'Agence spatiale européenne (ESA) et largué par la sonde européenne Rosetta, est en hibernation électronique sur la comète située à plus de 500 millions de kilomètres de la Terre. Le robot est pour l'instant dans une zone peu ensoleillée, ce qui l'empêche de puiser l'énergie nécessaire pour recharger sa batterie alimentée par des panneaux solaires. Les scientifiques et ingénieurs de la mission espèrent un réveil au plus tard au mois d'août lorsque la comète Tchouri sera la plus proche du Soleil. Jeudi, le centre de contrôle de Philae, basé à Cologne, en Allemagne, va essayer de communiquer avec le robot. Entre le 12 mars et le 20 mars, quatre heures pas jour, des commandes lui seront envoyées en rafale. Un émetteur-récepteur de Rosetta, inactif jusqu'à présent, va être allumé. Si Philae est réveillé, il lui répondra. "Les tentatives de communications entre Philae et Rosetta vont commencer entre 2 heures et 6 heures du matin et il y aura normalement deux créneaux de 4 heures chaque jour jusqu'au 20 mars", a dit à Reuters Philippe Gaudon, chef de projet Rosetta au CNES de Toulouse, qui gère le centre d'opérations scientifiques et de navigation (SONC) de Philae. A partir de jeudi, les conditions sont bonnes pour que la température interne de Philae, en hibernation depuis novembre, remonte et soit supérieure à -45° environ. RÉVEILLER LE CERVEAU DE PHILAE Il faut que les panneaux solaires délivrent suffisamment d'énergie pour que l'atterrisseur se réchauffe. Si l'énergie disponible continue d'augmenter, il y aura un démarrage automatique de l'électronique de vol de Philae. Une fois le cerveau du robot réveillé, si l'énergie est suffisante, il pourra commander l'allumage des récepteurs. Dans le cas où les panneaux solaires délivreraient une énergie suffisante après son réveil, Philae devrait commencer à charger sa batterie et fonctionner. "Plus Philae se rapproche du soleil et plus nous avons de chance de l'entendre, ce qui veut dire qu'à partir d'avril ou mai, le robot devrait avoir assez d'énergie pour communiquer", souligne Philippe Gaudon. "Au pire, il faudra attendre jusqu'en juillet. Si d'ici là, il n'y a pas de réveil, c'est qu'il s'est passé quelque chose de grave lors de l'atterrissage dans l'électronique ou la centrale de vol." Le principal enjeu pour l'ESA est de parvenir à demander au robot d'envoyer la mesure de son niveau actuel d'énergie afin de déterminer le rythme auquel ce dernier parvient à se recharger. "Au début, le robot fera juste de la surveillance de la plateforme puis nous pourrons commencer les travaux scientifiques grâce à l'énergie accumulée dans les panneaux solaires", dit l'ingénieur du CNES. "Une fois les batteries rechargées, nous pourrons faire de nouveaux forages, prélever des échantillons et faire des images." Cette mission entamée il y a une décennie doit aider les scientifiques à comprendre comment la Terre et les autres planètes se sont formées, les comètes étant les restes de la création du système solaire il y a 4,6 milliards d'années. C'est la première fois dans l'histoire de la conquête spatiale qu'un engin construit par l'homme se pose sur une comète. D'autres en avait déjà survolé pour prendre des photos. (Edité par Yves Clarisse)

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