Les scandales changent peu les habitudes de consommation

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Les scandales alimentaires de ces dernières années ont un impact à court terme sur la consommation des Français. Mais les habitudes antérieures reprennent vite le dessus.

Des consommateurs désabusés. Au gré des scandales qui ont éclaté depuis les années 1990 et la première crise de la «vache folle», la confiance qu'ils plaçaient dans l'industrie agroalimentaire s'est effondrée. Pour 70% des consommateurs, l'affaire actuelle des plats préparés à la viande de cheval est «révélatrice d'une réelle détérioration de la qualité des produits agroalimentaires», souligne un sondage Tilder/OpinionWay publié jeudi. Mais paradoxalement, les Français n'en ont pas pour autant modifié leurs habitudes alimentaires.

Chaque crise a provoqué un effondrement de la consommation des produits incriminés... de façon temporaire. «Au bout d'un an, au maximum, la consommation d'un produit mis en cause retrouve son niveau antérieur», constate Cécile Guillot, spécialiste de la consommation chez FranceAgriMer. Un an, c'est ainsi le temps qu'il aura fallu pour que la consommation de viande de b½uf retrouve son niveau d'avant la deuxième crise de la «vache folle», au début des années 2000. Elle avait pourtant chuté de 30%. Idem pour les achats de mouton et d'agneau, après la crise de la fièvre aphteuse en 2001. Et l'impact est encore plus limité s'agissant de crises ponctuelles touchant une ou plusieurs marques - comme les steaks hachés contaminés par la bactérie E. coli vendus chez Lidl en 2011 -plutôt que l'ensemble d'une filière.

Les habitudes de consommation changent en effet très lentement, et les scandales alimentaires n'y sont pas pour beaucoup. La consommation de viande a, par exemple, commencée à baisser dès les années 1980. «Cette évolution s'explique surtout par la modification des modes de vie. La viande pâtit de la simplification des repas, du discours nutritionnel sur les matières grasses qu'elle contient, de son prix élevé... Assez peu, sur le long terme, des craintes sanitaires qu'elle suscite», constate Cécile Guillot. Il est probable que les plats préparés, qui rencontrent un succès croissant depuis 50 ans, ne soient finalement pas ou peu impactés par la crise actuelle. «Ils répondent à une évolution profonde des modes de vie. On ne peut tout simplement plus s'en passer», analyse Pascale Hébel, directrice du département consommation du Crédoc.

Méfiants mais peu enclins à changer leurs habitudes, les consommateurs regardent désormais surtout les prix avant d'acheter. En 2007 encore, six Français sur dix se disaient prêts à payer plus cher pour un produit portant un signe officiel de qualité. Mais depuis 2008 et la survenue de la crise économique, le budget alimentation des Français diminue. Ils doivent désormais jongler avec une contrainte supplémentaire, la contrainte économique, qui relègue à l'arrière-plan les inquiétudes sanitaires. «Les consommateurs constatent que telle marque ne représente pas l'assurance d'un produit exempt de tout risque. Alors entre deux produits, ils tendent, depuis 2008, à privilégier le moins cher», constate la directrice du Crédoc.

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  • dodo0240 le dimanche 17 fév 2013 à 08:30

    Notre dernier achat lot de croissant au tournesol lot de 20 € chez LECLERC gonfler par du vent pourtant fabriquer du jour, goût douteux ,qualité nul, Vraiment les INDUSTRIEL nous Baisse.

  • speedy36 le samedi 16 fév 2013 à 20:32

    c'est une tromperie, plutot qu'un scandale sanitaire... il faut quand meme garder à l'esprit que manger du cheval, en lieu et place de boeuf, ne détraque pas la santé, mais seulement les médias !!!!

  • JMH01 le samedi 16 fév 2013 à 11:06

    Recherche lots de lasagne au cheval!! Mumm! C'est bon le cheval!

  • idem12 le samedi 16 fév 2013 à 08:04

    Dans ces conditions ils auraient torts de se priver, d'un autre côté comment faire autrement dans un système dont la logique est le "toujours plus" ? toujours plus de marge, toujours plus de monde à nourrir, toujours plus de croissance....ça ne pourra aller qu'en s'empirant...la planète n'est pas extensible.