Les sanctions russes limitées aux produits agricoles turcs

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 (Actualisé avec camions bloqués à la frontière) 
    MOSCOU, 30 novembre (Reuters) - Les sanctions imposées par 
la Russie à la Turquie à la suite de la destruction d'un de ses 
chasseurs-bombardiers opérant en Syrie seront limitées aux 
produits agricoles et n'entreront peut-être pas en vigueur avant 
plusieurs semaines, ont déclaré lundi des responsables russes. 
    Le vice-Premier ministre Arkadi Dvorkovitch a expliqué lors 
d'une réunion gouvernementale que Moscou pourrait repousser la 
mise en oeuvre des sanctions visant les fruits et légumes pour 
ne pas renforcer les tensions inflationnistes en Russie. 
    Les autorités russes interdisent déjà les importations de 
produits agricoles des pays membres de l'Union européenne en 
riposte aux sanctions adoptées par cette dernière en raison du 
conflit dans l'est de l'Ukraine. 
    Le premier vice-Premier ministre, Igor Chouvalov, a indiqué 
de son côté que Moscou n'interdirait pas pour le moment les 
importations de produits industriels turcs. 
    Le Premier ministre, Dmitri Medvedev, a cependant prévenu 
pendant la même réunion que les sanctions annoncées samedi 
( ID:nL8N13N0J3 ) pourraient être durcies par la suite "si 
nécessaire". 
    L'effet des sanctions se fait déjà sentir pour les 
exportateurs turcs, quelque 1.250 camions transportant des 
produits turcs étant bloqués en Géorgie et en Ukraine, deux pays 
par lesquels ils doivent transiter avant d'entrer en Russie, a 
déclaré lundi à Reuters un responsable du secteur des 
transports. 
    "La Russie n'a pas délivré d'autorisation d'entrée ou de 
transit aux camions turcs depuis quatre jours", a précisé Fatih 
Serer, directeur de l'association turque des transporteurs 
internationaux, qui estime les pertes financières entre 50 et 
60.000 dollars par jour. 
     
    PAS D'EXCUSES TURQUES 
    Environ la moitié des exportations turques vers la Russie se 
font par voie terrestre. En outre, selon Fatih Serer, près de 
800 conteneurs sont immobilisés dans les ports turc de Samsun et 
russe de Novorossiysk, sur la mer Noire, dans l'attente de leur 
dédouanement. 
    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dit "regretter" que 
le Soukhoï-24 russe ait été abattu mais il a refusé de présenter 
les excuses que Moscou lui demandait, imputant la responsabilité 
de cet incident au pilote qui n'a pas répondu aux injonctions de 
quitter l'espace aérien turc. 
    Lundi, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a répété 
lors d'un déplacement à Bruxelles qu'il était "hors de question" 
pour Ankara de s'excuser. 
    "Aucun pays ne devrait nous demander de nous excuser", 
a-t-il déclaré à la presse à l'issue d'un entretien avec le 
secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg. 
    "La protection de notre espace aérien est un droit et un 
devoir", a ajouté Ahmet Davutoglu, en disant espérer que la 
Russie "reconsidérerait" ses sanctions. 
    Le président russe Vladimir Poutine n'a pas donné suite à la 
proposition de son homologue turc de se rencontrer à Paris en 
marge de la COP21 pour améliorer les relations entre les deux 
pays, ont confirmé lundi des sources proches de la présidence 
turque. 
    L'armée turque a annoncé de son côté que le corps du pilote 
de l'avion russe, tué par des rebelles syriens après s'être 
éjecté, avait été rapatrié lundi à Moscou après une cérémonie 
funéraire à Ankara, à laquelle a assisté l'ambassadeur russe en 
Turquie.  ID:nL8N13P26F    
 
 (Darya Korsunskaya, avec Robin Emmott à Bruxelles et Ece 
Toksabay à Ankara; Tangi Salaün pour le service français) 
 
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