Les sanctions contre la Russie sont nécessaires-Sigmar Gabriel

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par Erik Kirschbaum BERLIN, 3 août (Reuters) - Les nouvelles sanctions économiques prises par l'Union européenne à l'encontre de la Russie affecteront l'économie allemande mais elles sont nécessaires pour le maintien de la paix en Europe, estime le vice-Chancelier allemand Sigmar Gabriel dans une interview télévisée qui doit être diffusée dimanche. La dégradation des relations entre Moscou et les pays de l'UE a franchi un cap supplémentaire en début de semaine avec l'imposition de nouvelles sanctions contre la Russie en riposte à sa politique de soutien aux insurgés pro-russes en Ukraine. Ces mesures de rétorsion, dites de "niveau 3", ont pris effet vendredi. Elle frappent des secteurs entiers de l'économie russe, dans la banque, la défense et de l'énergie. "Nous ne pouvons nous comporter comme si nous étions simplement une communauté d'intérêts économiques; nous sommes une union politique et nous devons faire ce que nous pouvons pour assurer la paix sur ce continent", a déclaré Sigmar Gabriel, qui est également ministre des Affaires économiques et de l'Energie et président du Parti social-démocrate (SPD). L'Allemagne a des relations commerciales importantes avec la Russie, mais la Chancelière Angela Merkel a plaidé pour une attitude plus ferme après la destruction du Boeing de la Malaysian Airlines le 17 juillet dernier au-dessus d'une région de l'Est ukrainien contrôlée par les rebelles. GUERRE ET PAIX "Que se passerait-il si l'Union européenne ne réagissait pas ?", déclare Sigmar Gabriel dans l'interview qu'il a accordée à la chaîne de télévision ZDF. "Si toute la leçon apprise de l'Europe est qu'on peut engager une guerre civile dans un pays voisin et que rien ne se passe, alors cela coûtera bien plus que quelques points de pourcentage d'éventuelle croissance", fait-il valoir. Ses commentaires interviennent après ceux du président de l'institut économique Ifo, Hans-Werner Sinn, qui estime, dans une tribune pour le magazine Wirtschaftswoche, que la croissance économique allemande aura été proche de zéro au deuxième trimestre après avoir été de 0,8% au premier, en raison notamment des sanctions liées à la crise ukrainienne. Des conséquences économiques négatives de la crise ukrainiennes sont inévitables, reconnaît Sigmar Gabriel. "Les conséquences seraient bien, bien plus négatives si l'Europe n'agissait pas (...). Quand la guerre et la paix sont en jeu, la politique économique ne peut pas être la préoccupation principale", martèle le président du SPD qui assure la présidence du Conseil des ministres pendant les vacances d'Angela Merkel. "Nous allons avoir des inconvénients en Europe, mais ne rien faire serait pire. Cela signifierait qu'il est possible de jouer avec le feu en Europe et qu'on peut envahir un voisin ou soutenir des guerres civiles dans les pays voisins", dit-il. Les exportations allemandes vers la Russie se sont élevées à 36 milliards d'euros en 2013, ce qui représente 3% des ventes allemandes à l'étranger. Environ 6.300 sociétés allemandes, soit 10% des entreprises exportatrices du pays, vendent leurs produits en Russie. (Danielle Rouquié pour le service français)

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  • M9095115 le lundi 4 aout 2014 à 04:20

    Et oui on ne peut pas laisser faire ce Poutine pousser ses pions tranquillement.Et quoi encore.Les Ukrainiens ont le droit de se rapprocher de l'Europe et ne pas être puni par Poutine

  • charleco le dimanche 3 aout 2014 à 18:34

    Sanctions et embargo sur les armes.

  • jean-648 le dimanche 3 aout 2014 à 16:20

    Au contraire, je crois qu'il a compris ce qui est essentiel et le reste....

  • LeRaleur le dimanche 3 aout 2014 à 15:44

    Encore un qui n'a rien compris.