Les salariés des chantiers navals de Saint-Nazaire s'inquiètent

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SAINT-NAZAIRE, Loire-Atlantique (Reuters) - Près de 500 salariés ont débrayé jeudi matin pendant une heure aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), inquiets du "silence du gouvernement" depuis leur entrevue avec Arnaud Montebourg le 11 juin dernier à Paris.

Ils ont demandé un nouveau rendez-vous au ministre du Redressement productif, mais cette fois "à Saint-Nazaire, sous l'autorité du Premier ministre et avec la participation du ministre de l'Economie et des Finances", précisent la CGT, la CFDT et Force ouvrière, à l'origine du mouvement.

Ce dernier survient alors que la direction de l'entreprise, qui emploie 2.100 personnes, a annoncé fin août 19.625 jours de chômage partiel en septembre et octobre, dans un contexte de multiplication des plans sociaux dans toute la France.

Aucune nouvelle commande n'a été enregistrée depuis l'annulation en avril de celle passée en décembre par Viking Ocean Cruises, en raison semble-t-il de la complexité du montage financier de l'opération.

La filiale de Viking River Cruises, compagnie spécialisée dans les croisières fluviales, était alors entrée peu après en discussions avec Fincantieri, concurrent italien des chantiers nazairiens.

"On s'inquiète de l'absence totale de communication du gouvernement et de notre actionnaire majoritaire", explique Nathalie Durand-Prinborgne, secrétaire de la section Force ouvrière de STX France, qui réclame la nationalisation de l'entreprise, dont l'Etat français est actionnaire minoritaire.

"Les salariés n'ont aucune explication, psychologiquement c'est très dur à vivre", a-t-elle déclaré.

Selon elle, la situation est encore plus grave qu'en 2010, quand les chantiers navals de Saint-Nazaire pensaient traverser la plus mauvaise passe de leur histoire.

"A l'époque, il n'y avait quasiment pas de chômage total", rappelle Nathalie Durand-Prinborgne. "Là, c'est beaucoup plus violent : la quasi-totalité des secteurs sont plus ou moins touchés par le chômage partiel. Le vendredi, par exemple, on n'est pas loin de l'opération Entreprise morte."

"En 2010, on avait aussi obtenu la construction d'un paquebot et de navires militaires, grâce à l'activité du gouvernement de l'époque", ajoute-t-elle. "On en attend au moins autant du gouvernement de Jean-Marc Ayrault, qui nous avait soutenus comme maire de Nantes."

Les ex-chantiers de l'Atlantique doivent livrer en mars 2013 un paquebot à l'armateur italo-suisse MSC, initialement commandé par une compagnie d'Etat du régime libyen, puis en mai un petit paquebot à l'armateur allemand Hapag Lloyd.

Il ne leur restera alors plus que deux navires militaires à construire, d'ici à 2014 et 2015, pour la Marine russe.

Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse

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  • M7136507 le jeudi 27 sept 2012 à 13:55

    Après Sarko plus de commande... ils demandent d'être nationalisés fonctionnaires c'est mieux en 2016 ils pourront fabriquer du vent pour les écolos.