Les salariés de Virgin se mobilisent

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MOBILISATION DES SALARIÉS DE VIRGIN
MOBILISATION DES SALARIÉS DE VIRGIN

PARIS (Reuters) - Les salariés de Virgin Megastore ont manifesté mercredi à Paris pour défendre leurs emplois au sein du groupe de distribution de produits culturels qui dépose le bilan, victime de l'effondrement du marché des CD et des DVD.

Le groupe, contrôlé depuis 2008 par le fonds d'investissement français Butler Capital Partners, emploie quelque 1.000 salariés et est en perte depuis quatre ans.

A Paris, plus d'une centaine de salariés se sont réunis devant l'enseigne emblématique de la marque au logo rouge avenue des Champs-Elysées pour demander à Butler d'assurer le volet social de l'éventuel plan de licenciement à venir et réclamer une mobilisation pour le recherche d'un repreneur.

Brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Butler lâcheur", "Butler l'addition c'est pour toi", les salariés ont scandé "oui à la culture, non à la fermeture" avant d'investir le magasin dans le calme.

"Butler veut se débarrasser de nous de manière malpropre" a déclaré Frédéric Lebissonnais, élu CGT. "Pendant cinq ans, il a emmené l'entreprise vers la chute, il n'a pas investi pour faire le Virgin 2.0 que nous appelions tous de nos voeux. Nous l'avons sollicité de nombreuses fois. Rien n'a été repris."

Parmi les responsables politiques venus apporter leur soutien, on trouvait l'ancien chef de file du NPA Olivier Besancenot et le secrétaire national du PCF Pierre Laurent.

"Est-ce que le gouvernement compte laisser Butler flinguer le destin de centaines de salariés?", a dit Olivier Besancenot.

D'autres rassemblements étaient prévus dans d'autres villes de France, notamment à Lyon.

RECHERCHE D'UN REPRENEUR

La cessation de paiement est la première démarche que doit accomplir une entreprise qui n'est plus en mesure de régler ses créanciers. Elle peut déboucher soit sur une procédure de redressement, soit sur une liquidation judiciaire, c'est-à-dire la disparition de l'entreprise.

Interrogée sur i>TELE mercredi matin, la ministre de la Culture Aurélie Flippetti a indiqué que l'on s'acheminait vers un redressement judiciaire qui donnera un délai au gouvernement pour trouver un éventuel repreneur et suivre au cas par cas la situation de chaque magasin et des employés.

Elle a par ailleurs écarté une possible nationalisation temporaire de Virgin Megastore, comme celle qui avait été envisagée pour le site sidérurgique de Florange, soulignant qu'il s'agissait cette fois de "produits culturels".

"On compte sur un repreneur pour défendre un projet moderne multicanal (...) c'est ça l'avenir du commerce et on est prêt à jouer cette carte là avec un nouveau repreneur", a déclaré Guy Olharan, élu de la CGT, à Paris.

Aurélie Filippetti a également dénoncé la "concurrence déloyale" de distributeurs en ligne comme Amazon qui ne sont pas soumis "à la même fiscalité que les entreprises localisées physiquement en France".

Un rapport sera remis dans le courant du mois au gouvernement sur la fiscalité à l'ère du numérique, "avec des propositions pour pouvoir lutter contre cette forme de contournement de la législation fiscale".

Plusieurs pays, dont la France, ont ouvert des enquêtes sur les pratiques d'optimisation fiscale de géants d'internet comme Google ou Amazon.

Le but ces opérations est de minimiser le bénéfice réalisé par une filiale dans un pays jugé trop taxateur, pour le répercuter dans une entreprise "mère" siégeant dans un pays fiscalement moins gourmand.

"C'est sûr que s'il y avait une fiscalité ou une législation qui rendrait l'équité entre les deux formes de distribution, entre la physique et l'informatique, cela nous rendrait service, c'est évident", a dit la syndicaliste Ahcène Bouzit.

Gérard Bon et Marine Pennetier avec John Irish, édité par Yves Clarisse

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