Les salariés de PSA promettent la guerre à la rentrée

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par Gérard Bon

PARIS (Reuters) - Les salariés de PSA Peugeot Citroën ont montré mercredi leur volonté d'en découdre en manifestant près de l'Arc de triomphe et devant le siège parisien du constructeur, qui prévoit 8.000 suppressions de postes.

Quelque 1.500 manifestants ont descendu l'avenue de la Grande Armée, de l'Arc de Triomphe jusqu'au siège de PSA proche de la porte Maillot, lâchant des fumigènes sur l'air de "on lâche rien" et en tapant sur des fûts métalliques.

Sur le chemin du retour, ils ont fait le tour de l'Arc de triomphe tandis que des délégués de l'usine de Sochaux entonnaient l'Internationale.

Venus de la plupart des sites français du constructeur, les syndicalistes estiment que l'ampleur de la mobilisation à l'occasion d'un Comité central d'entreprise augure d'une forte reprise de la "bataille" à la rentrée, dès le 4 septembre.

"Ce n'est pas aux salariés du groupe de payer la note. On n'est pas prêt à se laisser faire, on va leur mener la guerre", a lancé sous les applaudissements Jean-Pierre Mercier, délégué CGT du site d'Aulnay (Seine-Saint-Denis), promis à la fermeture.

Les syndicats CGT, CFDT, CFTC, Sud, FO, SIA, CFE-CGC estiment avoir marqué un point en désignant un expert chargé d'examiner le bien-fondé du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), qu'ils qualifient de "pillage social".

En conséquence, la présentation du PSE aux représentants du personnel a été repoussée, probablement jusqu'en octobre, l'expertise ne débutant que le 27 août.

"L'objectif était de gagner du temps et de décaler la procédure pour mieux organiser la suite", a expliqué Tanja Sussest, du SIA (Syndicat indépendant de l'automobile).

"MACHINE INFERNALE"

Le gouvernement a également mandaté un expert, Emmanuel Sartorius, pour réaliser un audit de la situation financière et économique du groupe. Un rapport final est attendu en septembre.

"Les salariés ont marqué un point, en faisant reculer la direction, on a gagné du temps sur cette machine infernale à licencier. On a la gnaque!", a assuré Jean-Pierre Mercier, principale figure pour le moment du combat des PSA.

Pour les syndicalistes, l'objectif est bien d'obtenir le "blocage définitif" du plan social.

La mobilisation est partie du site d'Aulnay-sous-Bois, où PSA veut arrêter la production et supprimer 3.000 postes, ainsi que de Rennes, où 1.400 emplois sont menacés et dont des salariés sont venus à Paris en car.

Ils ont été rejoints par des salariés de Poissy, Mulhouse, Sochaux ou Cléon, nombre de syndicalistes considérant que "l'attaque de PSA contre l'emploi concerne tous les sites du groupe".

La plupart des manifestants doutent des propositions de reclassement de la direction. "Ils ont nié depuis un an le plan annoncé récemment, depuis on doute de tout", a dit Frédéric Besnard, syndicaliste de FO à Poissy.

Signe de la colère des employés de PSA refusant d'être "les boucs émissaires de la mauvaise stratégie du groupe", les représentants du SIA, considéré pourtant comme un syndicat maison, figuraient parmi les plus remontés.

"Peugeot, une famille en or", proclamait une pancarte brandie par un manifestant du SIA, tandis qu'un autre réclamait l'interdiction pure et simple des licenciements. "Monsieur Varin (le PDG de PSA-NDLR) gagne 9.000 euros par jour", assurait un manifestant.

Même les aides à l'industrie automobile annoncées ce mercredi par le gouvernement n'ont pas trouvé grâce aux yeux de Tanja Sussest, la délégué du SIA du site d'Aulnay.

"Arnaud Montebourg (ministre du Redressement productif) est un menteur, propose des mesures bidon et Varin est un vendeur de rêves", a-t-elle lancé au micro.

Des délégations d'autres entreprises, comme Sanofi et la Poste, ont participé à la manifestation, alors que le syndicat Sud appelle à une convergence des luttes face à la batterie de plans sociaux annoncés et représentant des dizaines de milliers d'emplois.

"Ces destructions d'emplois accélèrent la spirale de la crise", a déclaré Hugo Reis, de Sud-PTT.

Avec François Charlottin, édité par Yves Clarisse

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