Les salariés d'Alcatel-Lucent appelés à manifester mardi

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APPEL À MANIFESTER MARDI POUR LES SALARIÉS D'ALCATEL-LUCENT
APPEL À MANIFESTER MARDI POUR LES SALARIÉS D'ALCATEL-LUCENT

PARIS (Reuters) - Les syndicats d'Alcatel-Lucent ont lancé un appel à une journée de manifestation mardi prochain à Paris en vue de protester contre les suppressions de postes et les fermetures de sites prévues par l'équipementier télécoms en France.

Le groupe franco-américain a annoncé mardi son intention de supprimer 10.000 postes dans le monde, dont 900 en France, dans le cadre d'un nouveau plan stratégique présenté comme celui de la dernière chance par son nouveau dirigeant Michel Combes.

"Nous n'avons pas à supporter, encore une fois, les erreurs de stratégie de nos dirigeants", déclarent les syndicats CFDT, CFE-CGC et CGT dans un communiqué publié jeudi.

Ils appellent les salariés français du groupe à venir défiler à Paris dans le cadre d'un cortège qui devrait terminer son parcours devant le siège de la société près de la Tour Eiffel où un pique-nique sera organisé, a précisé à Reuters Hervé Lassalle, délégué CFDT d'Alcatel.

Le même jour, Michel Combes doit être auditionné par les membres de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale.

Les syndicats espèrent ainsi accentuer la pression sur l'équipementier qui projette de fermer les sites de Rennes et de Toulouse tandis que trois autres implantations pourraient être cédées à l'horizon 2015.

Outre les 900 suppressions d'effectifs, 900 autres personnes sont également concernées par des réaffectations internes.

LA CFDT AU COEUR DU JEU

Mercredi, le gouvernement avait haussé le ton en menaçant de faire barrage aux projets de la société au moyen de la nouvelle loi sur la sécurisation de l'emploi qui peut bloquer une procédure de licenciement collectif faute d'accord avec les syndicats.

"On demande qu'il y ait une négociation au sein de l'entreprise pour sauver le maximum d'emplois, sauver le maximum de sites", a déclaré le Premier ministre Jean-Marc Ayrault qui a sommé la direction de revoir son projet.

Selon un sondage Tilder/LCI/Opinion Way, une large majorité de Français (67%) approuvent l'attitude du chef de gouvernement, même si des syndicats se sont montrés sceptiques quant au résultat final.

Des sources gouvernementales ont également relativisé la capacité de l'exécutif à infléchir le contenu d'un plan considéré comme décisif pour la survie d'Alcatel.

Des négociations doivent s'ouvrir prochainement entre la direction et les syndicats parmi lesquels la CFDT, majoritaire dans l'entreprise avec environ 52% des voix lors des dernières élections professionnelles, détiendra une grande partie des clefs.

la loi sur la sécurisation des parcours professionnels, dérivée de l'Accord national interprofessionnel (ANI) sur la modernisation du marché du travail, prévoit que plus aucune procédure de licenciement collectif ne peut aboutir si elle n'a pas donné lieu à un accord collectif majoritaire ou, à défaut, à une homologation du plan social par l'administration.

Le chef du gouvernement a prévenu que dans l'éventualité où aucun accord ne serait trouvé, "le plan ne sera(it) pas agréé".

Gwénaëlle Barzic, édité par Véronique Tison

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