Les salaires minimums français et allemand critiqués dans l'est de l'UE

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    par Julia Fioretti 
    BRUXELLES, 7 juin (Reuters) - Onze pays de l'Union 
européenne (UE) ont saisi la Commission européenne (CE) pour lui 
demander de sanctionner la France et l'Allemagne qui imposent ou 
vont imposer de verser aux chauffeurs routiers étrangers qui 
transitent par leur territoire leur salaire minimum local. 
    Les ministres des Transports de Bulgarie, de République 
tchèque, d'Estonie, de Hongrie, de Lettonie, de Lituanie, de 
Malte, de Pologne, de Roumanie, de Slovaquie et de Slovénie 
dénoncent des "pratiques protectionnistes" qui restreignent 
selon eux la libre circulation des biens et des services au sein 
des Vingt-Huit. 
    "Les obligations de salaire minimal et autres exigences 
nationales, comme la mise en place de représentations 
permanentes sur le marché opéré et la fourniture de documents 
d'embauche en langue locale, représentent une barrière 
unilatérale au transport routier transfrontalier", écrivent-ils 
à la commissaire aux Transports, Violeta Bulc, et à la 
commissaire à l'Emploi, Marianne Thyssen. 
    Le volet social du transport routier est devenu une question 
politique depuis l'essor des transporteurs d'Europe de l'est, 
qui assurent à présent une bonne partie du transport de fret 
routier en Europe en jouant sur des prix de revient bien 
inférieurs à ceux des pays de l'ouest du bloc. 
    L'exécutif européen conteste déjà l'application par 
l'Allemagne du principe du salaire minimum à l'ensemble du 
secteur des transports au motif qu'il viole un autre principe, 
celui de la liberté de prestation de service dans l'UE. 
    L'Allemagne a instauré en janvier 2015 un salaire horaire 
minimal de 8,50 euros s'appliquant à toute personne travaillant 
sur son territoire, qu'elle ou son employeur soient basés en 
Allemagne ou pas. 
    Une règle similaire entrera bientôt en vigueur en France, 
exigeant que les chauffeurs étrangers perçoivent son salaire 
minimum et obligeant les sociétés de transport étrangères à 
désigner un représentant local. 
    Violeta Bulc a dit que l'UE soutenait le principe du salaire 
minimum, pour autant qu'il soit équitable et juste.   
         
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 
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  • M2766070 il y a 10 mois

    Bien , le 1er pas vers l 1plosion