Les sages-femmes grévistes maintiennent la pression

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LES SAGES-FEMMES EN GRÈVE POURSUIVENT LEUR MOUVEMENT
LES SAGES-FEMMES EN GRÈVE POURSUIVENT LEUR MOUVEMENT

PARIS (Reuters) - Les sages-femmes en grève depuis plus de deux mois en France ont décidé vendredi de poursuivre leur mouvement après la décision du gouvernement de reporter à fin mars toute décision sur une évolution de leur statut.

Le mouvement social, entamé le 16 octobre, s'est durci cette semaine avec la décision de certaines sages-femmes de se mettre en arrêt de travail, ce qui provoqué des perturbations dans une dizaine de maternités de la région parisienne, selon l'Agence régionale de santé.

Les sages-femmes, dont la mise en arrêt maladie empêche l'assignement qui prévaut en cas de grève, réclament une meilleure reconnaissance de leurs compétences et une plus grande visibilité.

Mais les avis divergent au sein de la profession sur les revendications entourant la nature du statut.

Face au collectif gréviste des sages-femmes qui réclame le statut de praticien hospitalier, dont bénéficient les médecins et les dentistes, l'intersyndicale (CFDT, CGT, FO, SUD, UNSA, UNSSF) demande elle une évolution du statut tout en restant au sein de la fonction publique.

Les sages-femmes hospitalières sont actuellement considérées comme personnel non-médical et entament leur carrière à 1.400 euros nets par mois.

Afin de désamorcer une crise qui menaçait de prendre de l'ampleur, la ministre de la Santé Marisol Touraine a reçu vendredi matin une délégation intersyndicale et le collectif.

A l'issue de la table ronde, la ministre a fait état d'une absence de consensus et a renvoyé toute prise de décision au mois de mars.

"Le statut (des sages-femmes) évoluera, mais il n'y a pas de consensus sur la forme que doit prendre (...), je crois que nous devons encore travailler", a-t-elle dit à la presse.

"Je souhaite donc que les travaux se poursuivent d'ici la fin du mois de mars prochain en y associant les représentants des organisations syndicales des praticiens hospitaliers", a-t-elle ajouté.

Deux options sont sur la table, a-t-elle souligné. "Rester dans la fonction publique hospitalière ou créer un nouveau cadre à l'extérieur de la fonction publique hospitalière".

COLÈRE

S'exprimant devant la presse, la présidente de l'organisation nationale syndicale des sages-femmes et membre du collectif des sages-femmes, Caroline Raquin, a salué une "réelle avancée".

"On a la sensation d'avoir enfin été entendues et ça, ça enlève un gros poids et je pense que ça va faire un peu de bien aux sages-femmes", a-t-elle dit. "Cela ne veut pas dire que c'est gagné, absolument pas, rien n'a été décidé, mais enfin on va pouvoir travailler sur notre proposition".

"Notre revendication d'intégrer les personnels médicaux à l'hôpital a été entendue puisque nous allons travailler avec ces professionnels médicaux autour de la table", a-t-elle ajouté.

Le collectif a décidé de poursuivre le mouvement de grève jusqu'au prochain groupe de travail, a-t-on appris auprès d'un de ses membres, qui a assuré que l'accueil des patientes serait assuré.

Loin de partager l'enthousiasme du collectif, l'intersyndicale a déploré "le manque de position claire de la ministre en ce qui concerne le maintien des sages-femmes dans la fonction publique hospitalière".

"Je suis très en colère qu'aucune décision politique n'ait été prise, Marisol Touraine attend un consensus qu'elle n'aura pas", a dit à Reuters la représentante de la CGT Annie-Claude Ottan. "Ce statut de praticien hospitalier, on ne l'obtiendra pas parce que nous n'avons pas le même niveau d'étude, cette demande bloque toute avancée dans les discussions."

L'intersyndicale se réunira en début d'année pour envisager des actions pour faire aboutir l'ensemble des revendications.

Invité sur Radio Classique vendredi matin, le ministre du Travail Michel Sapin a émis des réserves sur l'octroi du statut de patricien hospitalier.

Les sages-femmes sont des "gens qui méritent non seulement l'attention mais aussi une reconnaissance du point de vue du travail qui est le leur", a-t-il dit. Toutefois "je pense que les médecins eux-mêmes trouveraient étrange qu'on considère que c'est exactement la même formation et les mêmes qualifications."

Marine Pennetier, édité par Sophie Louet

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  • M3182284 le vendredi 20 déc 2013 à 18:50

    ON-VEUT-QUE LES AUTRES PAYENT POUR NOUS! QUE LES RESTRICTIONS TOUCHENT LES AUTRES