Les Russes vont marcher en mémoire de l'opposant assassiné

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par Timothy Heritage et Katya Golubkova MOSCOU, 1er mars (Reuters) - L'opposition russe marchera ce dimanche à Moscou en mémoire de Boris Nemtsov, adversaire virulent de Vladimir Poutine, dont l'assassinat a ravivé les inquiétudes concernant le sort de ceux qui critiquent le pouvoir. Samedi, des milliers de Russes ont déposé des bouquets de fleurs et allumé des bougies sur le pont de Moscou où Boris Nemtsov, qui dénonçait également de l'implication de Moscou dans le conflit ukrainien, a été assassiné vendredi soir, à quelques mètres à peine du Kremlin. Agé de 55 ans, l'ancien vice-Premier ministre de Boris Eltsine à la fin des années 1990, devenu l'une des figures de la contestation anti-Poutine de l'hiver 2011-2012, a été tué de quatre balles dans le dos alors qu'il marchait à pied sur un pont sur la Moskova. ID:nL5N0W202L Son assassin, qui a tiré depuis une voiture blanche, est parvenu à prendre la fuite, selon le ministère de l'Intérieur. Une Ukrainienne qui accompagnait Nemtsov n'a pas été blessée, a précisé un porte-parole de la police. Boris Nemtsov, qui devait participer ce dimanche à une grande manifestation de l'opposition à Moscou, est l'opposant le plus en vue assassiné depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, il y a 15 ans. Le président, qui s'est empressé de condamner ce meurtre, a annoncé qu'il superviserait lui-même l'enquête et a évoqué la piste d'un "contrat" ou d'une "provocation". DÉBUT DE LA MARCHÉ À 15H00 (12H00 GMT) Le Comité d'investigation russe, placé sous l'autorité directe du président, a dit suivre plusieurs pistes, dont la piste islamiste en insistant sur le fait que Nemtsov était juif et celle du conflit ukrainien. Mais il n'exclut pas non plus une possible tentative de déstabilisation du pouvoir par l'opposition elle-même afin de mobiliser pour la manifestation qui était prévue dimanche. Certains opposants ont estimé que de telles hypothèses illustraient le cynisme du pouvoir russe, jugeant que ce dernier entretenait le nationalisme, la haine et un sentiment anti-occidental pour que la population soutienne sa politique en Ukraine et ne le tienne pas coupable de la crise économique. "C'est un coup dur pour la Russie. Si les opinions politiques sont sanctionnées de cette manière alors ce pays n'a plus d'avenir", a dit Sergueï Mitrokhine, un responsable de l'opposition. Avec la marche de dimanche, l'intention de Boris Nemtsov avait été de remobiliser l'opposition à Vladimir Poutine, même si nombre de critiques du président russe, qui tient les rênes du pouvoir depuis 2000, se résignent déjà à sa réélection pour un nouveau mandat de six ans en 2018. Leonid Volkov, l'un des organisateurs de la marche, a souligné que l'objet de la manifestation avait été changé à la suite de l'assassinat de Boris Nemtsov. "La marche (...) que nous avions prévue, avec des drapeaux et des ballons ne convient pas à ce moment tragique, à l'importance de la figure de Nemtsov et à l'ampleur de la ligne rouge que nous avons maintenant franchie", a-t-il dit. L'opposition a noté que les autorités de la ville de Mosou avaient donné leur feu vert à une marche de 50.000 personnes maximum, qui se mettra en branle à 15 heures (heure locale, 12h00 GMT). Les organisateurs ont estimé qu'un nombre plus élevé de personnes pourrait participer à cette marche le long de la rivière Moskova. (Nicolas Delame, Benoît Van Overstraeten, Jean-Philippe Lefief et Henri-Pierre André pour le service français)

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