Les routiers maintiennent la pression, des dépôts évacués

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    * Le gouvernement recourt aux forces de l'ordre 
    * "Nous maîtrisons la situation", dit Manuel Valls 
    * Pas de risque de pénurie de carburants, selon l'exécutif 
    * CGT et FO jugent les ouvertures de Vidalies insuffisantes 
    * 816 stations-services en rupture de stock, selon Vidalies 
 
 (Actualisé avec Valls, Vidalies, FO) 
    PARIS, 22 mai (Reuters) - La France dispose des réserves 
nécessaires pour faire face à une éventuelle pénurie de 
carburants, a déclaré dimanche Manuel Valls, alors que le 
blocage de plusieurs raffineries se poursuit dans le cadre de la 
contestation contre la réforme du Travail. 
    Les forces de l'ordre, qui ont déjà levé des barrages samedi 
et dimanche sur plusieurs dépôts de carburants, poursuivront 
leur action lundi, ont annoncé dimanche soir le Premier ministre 
et le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies. 
    La CGT Transports et la Fédération des transports et de la 
logistique FO-UNCP, qui s'en remet à la décision de son congrès 
des 25 et 27 mai, appellent à poursuivre la mobilisation 
jusqu'au retrait du texte, malgré les ouvertures consenties par 
le secrétaire d'Etat aux Transports sur la rémunération des 
heures supplémentaires des routiers. 
    Dans un courrier adressé vendredi aux représentants FO, CGT, 
CFTC, CFDT et CGC, Alain Vidalies souligne que le "dispositif 
réglementaire, dérogatoire" sur les durées de temps de service 
dans le transport routier "n'est pas modifié par le projet de 
loi Travail". 
    Il s'engage à "clarifier le débat", à "éviter les 
interprétations qui pourraient donner matière à contestation" et 
d'ajuster si nécessaire le décret encadrant le temps de travail 
dans le secteur. 
    CGT et FO ont salué dans un communiqué commun "un recul 
significatif" du gouvernement mais jugent nécessaire de 
"combattre" d'autres dispositifs du projet de loi El Khomri, 
comme celui relatif aux heures de nuit. 
     
    "AUCUNE RAISON DE BLOQUER" 
    "Au regard de cet engagement (sur les heures 
supplémentaires), la négociation entreprises par entreprises, et 
donc l'inversement de la hiérarchie des normes, n'est pas 
applicable pour les routiers, ça sera pour tout le monde 
pareil", plaident les deux syndicats. 
    "Cette première avancée pour notre profession doit 
encourager l'ensemble des salariés à rentrer dans le mouvement", 
ajoutent-ils. 
    En déplacement en Israël, le Premier ministre s'est dit 
"étonné" de la réaction des deux centrales alors que "nous avons 
 apporté des garanties" sur les heures supplémentaires. 
    "Il n'y a aucune raison aujourd'hui de bloquer des dépôts et 
des raffineries et de gêner nos compatriotes", a dit Manuel 
Valls à des journalistes. 
    Il s'est élevé contre une "vision alarmiste" de la situation 
en France : "Nous maîtrisons pleinement la situation, je pense 
qu'un certain nombre de raffineries et de dépôts qui étaient 
bloqués sont débloqués ou vont l'être dans les heures et dans 
les jours qui viennent". 
    Il a confirmé dimanche soir sur BFM TV et la chaîne 
israélienne i24 News que les évacuations se poursuivraient. 
    Les forces de l'ordre ont été appelées en plusieurs points 
de tension pour mettre fin aux blocages, comme lors du précédent 
mouvement de 2010 sous Nicolas Sarkozy. 
    "Nous allons créer les conditions pour que dès demain, et 
rapidement et massivement, ces dépôts puissent refonctionner 
avec les camions", a déclaré Alain Vidalies sur France 2. 
     
    "IL N'Y A PAS DE PÉNURIE" 
    La France compte huit raffineries. Quatre restaient bloquées 
dimanche, selon les autorités, cinq selon les syndicats. 
    "Sur les quelque 12.000 stations-services en France, seules 
816 sont en rupture de stock total, et 800 sont en rupture 
partielle", a indiqué sur Europe 1 Alain Vidalies. 
    "Le problème, a-t-il expliqué dimanche soir sur France 2, 
"c'est que c'est concentré". "Pour deux tiers du pays, c'est une 
réalité qui n'existe pas, c'est concentré sur l'Ouest, la 
Bretagne, la Normandie, les Hauts-de-France, un tout petit peu 
l'Ile-de-France". 
    "Il n'y a pas de pénurie. (...) Les stocks stratégiques en 
France, c'est plus d'un trimestre de consommation que l'on a en 
réserve. On n'a pas commencé à y toucher", a-t-il assuré. 
    Franck Manchon, coordinateur FO au sein du groupe Total, a 
déclaré dimanche à Reuters que la France se dirigeait "droit 
vers une pénurie de carburant" si le gouvernement "restait 
sourd". 
    Plusieurs préfectures ont pris des arrêtés de rationnement 
pour l'achat de carburants alors que les files d'attente 
s'allongent dans les stations-services.   
    Le député (Les Républicains) de l'Eure Bruno Le Maire, 
candidat à la primaire à droite, a estimé dimanche au Grand 
Rendez-vous Europe 1-Le Monde-iTELE que le départ de Manuel 
Valls à l'étranger était "une faute" au regard du conflit en 
cours dans le secteur routier. 
    "C'est une vision datée et assez mesquine de la politique", 
a répliqué Manuel Valls à Tel Aviv. 
 
 (Sophie Louet avec Sybille de la Hamaide, Emmanuel Jarry et 
Michel Rose) 
 

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