Les Roms de Marseille de nouveau expulsés

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MARSEILLE (Reuters) - Chassés jeudi dernier par des habitants d'une cité de Marseille, une cinquantaine de Roms qui s'étaient installés dans un ancien hangar appartenant à la municipalité en ont été expulsés mardi, annonce la préfecture des Bouches-du-Rhône.

L'évacuation a été effectuée "en exécution d'un arrêté municipal d'expulsion motivé par la dangerosité du site", peut-on lire dans un communiqué.

Les familles présentes ont décliné l'aide au retour en Roumanie qui leur était proposée et ont également refusé un hébergement en hôtel pour 48 heures.

La mairie de Marseille avait déposé plainte dimanche pour occupation illicite et dégradation de bien public.

Exaspérés par les nuisances, des habitants du quartier Saint-Louis, dans le XVe arrondissement de Marseille, avaient contraint jeudi dernier ces Roms à abandonner le campement qu'ils occupaient depuis quatre jours.

Ils avaient ensuite incendié les affaires qu'ils avaient abandonnées. Un mouvement d'exaspération dont les associations craignent qu'il n'aggrave un climat social déjà tendu.

Deux femmes, responsables d'associations, ont été entendues samedi comme témoins par les policiers de la Sûreté départementale dans le cadre de l'enquête sur cette évacuation.

Dans une lettre ouverte adressée lundi par la LDH au procureur adjoint de la République de Marseille, dont Reuters a obtenu une copie, il est fait état de témoignages de Roms évoquant "des riverains (qui) se sont présentés bidons d'essence à la main, laissant entendre qu'ils avaient des armes".

La LDH demande aux pouvoirs publics de mettre fin à "cette indigne et tapageuse chasse aux Roms" et à leur "errance forcée de quartier paupérisé en quartier paupérisé où les populations vivent souvent en grande détresse morale et sociale".

"L'Etat a les moyens d'imposer qu'il ne puisse désormais y avoir d'expulsions sans qu'une solution n'ait été proposée", précise-t-elle.

Le parquet de Marseille a précisé mardi à Reuters que l'enquête pour "incendie volontaire" se poursuivait.

Les Roms viennent principalement de Roumanie et de Bulgarie, deux pays membres de l'Union européenne mais accusés par des organisations de défense des droits de l'Homme de discrimination envers cette minorité.

On estime entre 15.000 et 20.000 le nombre de Roms vivant en France, généralement dans des campements insalubres en périphérie des grandes villes. Environ 3.000 Roms vivraient dans les Bouches-du-Rhône, dont la moitié à Marseille.

Patrick Revilla, édité par Yves Clarisse

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