Les Rohingyas peut-être victimes d'un génocide, dit l'Onu

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    GENEVE, 5 décembre (Reuters) - Les forces de sécurité 
birmanes pourraient s'être rendues coupables de génocide contre 
la minorité musulmane des Rohingyas dont l'exode vers le 
Bangladesh se poursuit, a déclaré mardi le Haut-Commissaire des 
Nations unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad al Hussein. 
    Lors d'une réunion à Genève du Conseil des droits de l'homme 
de l'Onu, réclamée par Dacca, il a insisté pour que le retour en 
Birmanie des 626.000 Rohingyas réfugiés au Bangladesh depuis la 
fin août se fasse dans de bonnes conditions de contrôle et de 
sécurité sur le terrain. 
    Prenant la parole, l'ambassadeur de Birmanie, Htin Lynn, a 
souligné que son gouvernement, à la suite d'un accord passé en 
novembre avec Dacca, travaillait avec le Bangladesh pour assurer 
le retour des personnes déplacées dans un délai d'environ deux 
mois. "Il n'y aura pas de camps", a-t-il assuré. 
    Zeid avait déjà parlé de "nettoyage ethnique" à propos des 
opérations de l'armée birmane contre les Rohingyas dans l'Etat 
de Rakhine (Arakan) à la suite d'une tentative d'insurrection 
armée fin août. 
    Mardi, il a fait état d'"informations concordantes sur des 
actes d'une épouvantable barbarie commis contre les Rohingyas". 
    Il a cité notamment "des gens brûlés vifs dans leur maison, 
des meurtres d'enfants et d'adultes, des tirs sans 
discrimination sur des civils qui s'enfuyaient, des viols 
généralisés de femmes et de jeunes filles, l'incendie et la 
destruction de maisons, d'écoles, de marchés et de mosquées". 
    "Quelqu'un peut-il exclure qu'on ait là les éléments d'un 
génocide ?", a-t-il demandé, souhaitant que le Conseil des 
droits de l'homme recommande à l'assemblée générale de l'Onu de 
mettre en place un nouveau mécanisme pour enquêter sur les 
responsables de tels actes. 
    Les autorités birmanes n'ont pas autorisé des enquêteurs à 
se rendre dans l'Etat de Rakhine. 
    Pramila Patten, représentante spéciale du secrétaire général 
de l'Onu chargée d'enquêter sur la violence sexuelle, a pu 
interroger des réfugiées au Bangladesh en novembre.  
    "J'ai entendu les choses les plus déchirantes, les plus 
horribles sur des atrocités sexuelles commises de sang-froid, 
par haine de ces gens en raison de leur ethnie et de leur 
religion", a-t-elle dit. 
    La Birmanie rejette ces accusations. Pour son ambassadeur 
Htin Lynn, "ces gens disent ce qu'ils veulent croire et parfois 
même ne font que répéter ce qu'on leur dit de raconter". 
 
 (Stephanie Nebehay; Guy Kerivel pour le service français) 
 
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  • ddt15 il y a une semaine

    on s en fout completement