Les rivaux de l'UMP acceptent la médiation d'Alain Juppé

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COPÉ ET FILLON ACCEPTENT LA MÉDIATION D'ALAIN JUPPÉ
COPÉ ET FILLON ACCEPTENT LA MÉDIATION D'ALAIN JUPPÉ

PARIS (Reuters) - Après quatre jours de chaos à l'UMP, Jean-François Copé et François Fillon ont accepté jeudi soir la médiation proposée par Alain Juppé pour tenter de régler leur contentieux sur les résultats de l'élection à la présidence du parti d'opposition.

L'ancien Premier ministre a annoncé que cette commission, constituée de cinq membres, livrerait ses conclusions "sous quinze jours" et précisé dans un communiqué qu'il rencontrerait les deux rivaux dès la fin de la semaine pour arrêter les modalités de travail de la commission qu'il présidera.

François Fillon, qui conteste la victoire du député-maire de Meaux avec 98 voix d'écart, s'est aussitôt félicité que cette médiation "ait été acceptée par tous".

Il "fait désormais toute confiance à cette instance et se pliera naturellement à sa décision", dit un communiqué.

Cette mission de bons offices pour tenter de sortir le principal parti d'opposition de la crise a été longue à se dessiner jeudi, dans un climat d'accusations de fraude et de menaces de plaintes.

François Fillon, qui avait menacé de contester en justice la victoire de son rival, proclamée lundi par la commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales, avait accepté d'emblée l'offre d'Alain Juppé de présider une instance collégiale.

Mais Jean-François Copé avait fait savoir qu'il accepterait de se soumettre au verdict d'Alain Juppé à la condition que la commission nationale des recours de l'UMP, qu'il a saisie et qui est présidée par un de ses proches, se soit d'abord prononcée sur les contestations des résultats.

FILLON RENONCE A ÊTRE PRÉSIDENT

Ce préalable avait été aussitôt rejeté par l'entourage de François Fillon. Valérie Pécresse a expliqué qu'Alain Juppé serait ainsi réduit au rôle de "censeur d'une décision d'une commission remplie de membres copéistes".

Jérôme Lavrilleux, le directeur de cabinet de Jean-François Copé, avait auparavant dénoncé les "turpitudes délibérées de l'entourage zélé" de François Fillon, en évoquant, documents à l'appui, "le détail de cas précis" de fraudes, surtout à Nice.

Il a également affirmé que le scrutin en Nouvelle-Calédonie, l'un des départements au coeur du litige, était "un système de vote parallèle" et donc illicite.

S'estimant directement visé, Eric Ciotti, lieutenant de François Fillon, a aussitôt annoncé sur twitter que "ces propos indignes et diffamatoires trouveront la suite judiciaire qu'ils méritent".

L'ancien Premier ministre revendique la victoire avec 26 voix d'avance après l'omission, selon lui, de 1.304 suffrages outre-mer (Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Mayotte).

Il a annoncé mercredi soir qu'il renonçait à la présidence mais qu'il saisirait les tribunaux en cas d'impasse.

"Le comportement de François Fillon, c'est l'histoire d'un mauvais perdant qui vient donner des leçons de morale sans se les appliquer à lui-même", a lâché le député-maire de Meaux.

François Fillon a coupé court dès mercredi aux inquiétudes sur une scission du principal parti d'opposition.

"Je ne quitterai pas l'UMP qui est ma famille, et dont une majorité de militants m'a accordé sa confiance dimanche dernier. Je suis déterminé : comment peut-on accepter que le fonctionnement de l'UMP soit entaché d'une irrégularité aussi grave?", écrit-il dans un message aux militants.

La commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales a reconnu officiellement jeudi dans un communiqué que l'addition des résultats de Mayotte, Wallis-et-Futuna et de Nouvelle-Calédonie "aboutirait vraisemblablement à une inversion des résultats d'une vingtaine de voix" en sa faveur.

Sophie Louet et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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