Les retraites, l'autre dossier à risque du gouvernement

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Alors que le Conseil d'orientation des retraites liste les imperfections du système, la question d'un nouveau report de l'âge légal ressurgit.

Après s'être penché sur les périls financiers à moyen et long terme du système des retraites, le Conseil d'orientation des retraites (COR) s'est intéressé à ses imperfections. Avec à la clé une impressionnante liste des travaux de réparation qu'il dresse dans un rapport qui sera rendu public mercredi. Comme, par exemple la prise en compte dans le privé des 25 meilleures années de carrière pour calculer le salaire de référence qui désavantage les carrières courtes ou démarrées tardivement. «Le rapport fait ressortir que le système n'est plus adapté à la société d'aujourd'hui», analyse globalement Jean-Louis Malys, le «M. Retraites» de la CFDT.

Mais tout n'est cependant pas à jeter dans le système actuel. «Malgré toutes ces imperfections, le système de retraite opère bien au total une redistribution qui contribue à réduire fortement les inégalités entre retraités, au profit des femmes notamment», indique le COR dont le rapport a été commandé par Jean-Marc Ayrault afin de pouvoir lancer la grande concertation sur «la nouvelle réforme des retraites» promise par François Hollande.

Reste que corriger ces imperfections, comme le jugent nécessaire le gouvernement et les syndicats, aura un coût important et ne représentera donc que des dépenses en plus. «Ce n'est pas le moment de charger la barque en matière de solidarité, nous n'avons déjà pas les moyens de financer le système actuel», critique Danièle Karniewicz, l'ex-patronne du régime d'assurance vieillesse.

Pour la spécialiste des questions de protection sociale de la CFE-CGC, ce nouveau rapport du COR - dont elle est membre - est certes utile mais pas opportun après que le besoin de financement a été estimé à 20 milliards d'euros par an en 2020, tous régimes confondus. Et qu'il faut trouver comment boucher les trous pour éviter une faillite du système dans huit ans. L'urgence est même encore plus criante pour les régimes complémentaires qui puisent actuellement dans leurs réserves pour payer les pensions et dont les caisses seront bientôt vides.

Relever encore l'âge légal de départ

Or la désindexation par rapport à l'inflation des pensions, comme l'étudient les partenaires sociaux pour les retraites complémentaires et y réfléchit Jérôme Cahuzac pour le régime de base, ne suffira pas. Sauf à augmenter les cotisations - et donc à grever la compétitivité des entreprises en renchérissant le coût du travail -, la question de la hausse de la durée d'activité devra être reposée. Comme en 2010, où le recul de deux ans de l'âge de départ résolvait, à terme, la moitié du besoin de financement. Soit 20 milliards sur les 47 nécessaires.

Le Medef n'a pas attendu le lancement de la consultation au printemps pour indiquer qu'il fallait encore repousser l'âge de départ. À 63, voire 65 ans, a même suggéré Laurence Parisot, sa présidente. Pas question, lui a répondu la CFDT, qui plaide pour une réforme systémique des retraites - le passage à un système par points ou comptes notionnels.

Tout juste la centrale dirigée par Laurent Berger consent-elle à étudier une augmentation de la durée de cotisation - fixée à 41,5 annuités pour bénéficier d'une retraite à taux plein - pour prendre en compte l'impact de l'évolution démographique sur les comptes. Et encore, «avec précaution», précise Jean-Louis Malys. Quant à la CGT, elle entend privilégier les hausses de cotisation patronale et taxer les revenus du capital pour trouver les recettes nécessaires.

Bref, autant de questions explosives qui seront sur la table de la consultation organisée par le gouvernement et dont les réponses devraient déboucher sur une nouvelle réforme des retraites en 2014. «Ce calendrier est déjà, en soi, une décision», a commenté lundi Michel Sapin, qui se rappelle mieux que quiconque les positions prises par son parti en 2010 lors de la réforme Woerth. Il était alors en charge des questions... économiques.

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  • gl060670 le mercredi 30 jan 2013 à 20:16

    ouf !! toi au moins tu en veux !!!! lol

  • M3184114 le vendredi 25 jan 2013 à 19:36

    Les pensions de réversion seraient aussi revues à la baisse : veufs et veuves ne percevraient plus que 56 % (au lieu de 60 %) de la retraite complémentaire de leur conjoint décédé ; et cela à partir de 60 ans (au lieu de 55). Il est plus rentable de dépouiller la veuve et l’orphelin que de les protéger…

  • M3184114 le vendredi 25 jan 2013 à 19:36

    La vigilance s’impose donc. Les efforts ne peuvent pas être demandés toujours aux mêmes, au risque de créer deux catégories de citoyens : les payés du publics et les payants du privés, au mépris du principe d’équité entre les retraités, qui est pourtant inscrit dans la loi, au cœur même du code de la Sécurité sociale (art. L 161-17 A).

  • M3184114 le vendredi 25 jan 2013 à 19:34

    Ils ne comprendraient sûrement pas que l’Etat leur demande de se serrer une fois de plus la ceinture, tout en continuant de garantir totalement le niveau des pensions ( 75 % de la moyenne des 6 derniers mois de traitement) de ses propres agents, fonctionnaires et bénéficiaires des régimes spéciaux.

  • M3184114 le vendredi 25 jan 2013 à 19:33

    Mais les retraités du privé, une fois de plus dans le collimateur, ont déjà vu leurs pensions subir une érosion sensible au cours des 15 dernières années (2). Il ne faudrait pas qu’ils soient encore une fois les seuls à faire des sacrifices, comme cela s’est trop souvent vu par le passé.

  • M3184114 le vendredi 25 jan 2013 à 19:32

    La situation financière des caisses de retraite exige des efforts… Mais ils ne doivent pas reposer sur les seuls retraités du privé, alors que les régimes spéciaux du public seraient maintenus !Le slogan « le privé paiera » est décidément en vogue ! Le Medef propose de ne plus indexer sur l’inflation les pensions servies par les caisses de retraite complémentaire du privé (Agirc et Arrco)

  • M3184114 le vendredi 25 jan 2013 à 19:25

    En somme un SCANDALE,que les syndicats des fonctionnaires n'évoquent jamais,trop content que la supercherie dure. En effet les salariés du privé payent des cotisations qui sont détournées pour renflouer les caisses de retraite des fonctionnaires,déficitaires depuis de nombreuses années.

  • M3184114 le vendredi 25 jan 2013 à 19:19

    Je vois de plus en plus de retraités de la fonction public,dans mon entourage qui atteignent 30 à 35 années de retraites.Des personnes qui ont quittés la vie active à 52 ou 55 ans.Avec des retraites indexées sur les salaires des actifs durant un temps,ces gens là arrivent à cumuler plus d' années de retraites que d' années travaillées.

  • M3184114 le vendredi 25 jan 2013 à 19:07

    Première chose ,que le gouvernement aligne le départ à la retraite des fonctionnaires et assimilés au régime des salariés du privé,et pas dans dix ans ,mais dès 2013.Il est anormal que des gens partent encore à 52,55,57ans alors que les autres partent à 62 ans.De plus leur généreuse retraite est payé par les caisses du privé ,puisque les caisses des fonctionnaires ne suffisent plus à financer leurs pensions.On appel cela le socialisme;;;;

  • M3184114 le vendredi 25 jan 2013 à 19:02

    DEFENDEZ VOUS AVEC LE SITE SAUVEGARDE RETRAITE