Les retraités, des consommateurs courtisés

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Alors que le gouvernement a lancé en avril dernier une nouvelle filière baptisée «silver economy», ou économie des seniors, les entreprises se lancent progressivement sur ce marché qui pèserait déjà 92 milliards d'euros.

Les plus de 60 ans vont-ils devenir les chouchous des enseignes? Pour les experts, en tout cas, ces dernières ont tout intérêt à s'intéresser de plus près aux seniors qui assureront, d'après le Credoc, plus de la moitié des dépenses de consommation (54%) dans la plupart des secteurs à l'horizon 2015. L'enjeu est de taille: le cabinet d'études Senior Strategic estime à 92 milliards d'euros la consommation des produits et services conçus pour les plus de 60 ans, hors dépenses de santé, en 2013. Un marché qui devrait dépasser 120 milliards en 2020. «Le vieillissement démographique est souvent présenté et perçu, par nombre d'entreprises et d'acteurs, comme un sujet à moyen terme, voire à long terme. C'est une erreur stratégique capitale. Au contraire, le vieillissement démographique est rapide et représente une des rares sources de croissance pour les toutes prochaines années», prévient Frédéric Serrière, dirigeant de Senior Strategic, dans une tribune en ligne.

Séduire les seniors reste un défi tant le marché est loin d'être homogène. Alors que l'offre se limitait encore ces dernières années aux produits médicalisés qui soulignaient les problèmes de santé des personnes âgées, elle s'est considérablement diversifiée, notamment pour appâter les baby-boomers. A l'occasion de la première édition du salon Silver Economy Expo de Paris, en décembre dernier, une quarantaine d'exposants ont présenté des innovations prometteuses, allant de l'aménagement de la maison de demain (PAMA) aux produits connectés en tout genre, comme des smartphones, PC, tensiomètres ou balances (Withings), en passant par des solutions de résidence services (Sairenor), de repas livrés à domicile (Saveurs et vie), de douche adaptée et sécurisée (Indépendance Royale, Efinov, Easyshower, etc.) ou encore la fameuse Well Pedy, une trotinette avec une selle qui permet de «marcher assis debout».

Filière de la «silver economy»

D'autres start-ups tentent de ratisser une clientèle la plus large possible, en mettant en avant des produits et services intergénérationnels. Surfant sur la réforme des retraites, qui a été promulguée lundi par le président François Hollande, le site Retraite.com cible «aussi bien les retraités que ceux qui veulent préparer leur retraite, quel que soit leur âge», assure son fondateur, Ludovic Herschlikovitz. Lancé début janvier, ce portail généraliste propose de l'information mais aussi des outils pratiques, comme un simulateur de calcul de retraite. Avec des partenaires des secteurs de la banque ou de l'assurance, il met en place des solutions de retraite complémentaire en fonction de l'âge de l'internaute. Enfin, une place de marché e-commerce et un espace «loisirs retraite» donnent accès à des réductions sur de nombreux types de produits (cosmétiques, mode, voyages, transports, etc.). Des promotions qui permettent «d'apporter un peu de pouvoir d'achat complémentaire» aux retraités, fait valoir le site.

En avril dernier, le gouvernement s'est mobilisé pour faire du vieillissement de la population une opportunité de croissance pour la France, en lançant une nouvelle filière baptisée «silver economy», ou économie des seniors. Une filière qui démarre tranquillement. Le Commissariat général à la stratégie et à la prospective recensait dans un rapport publié le mois dernier 238 entreprises spécialisées en France, générant 43.150 emplois et 55,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires hors taxes.

Les Français sont inquiets pour leur retraite

Une écrasante majorité de Français (91,96%) se disent inquiets pour leur retraite, en particulier pour le maintien du montant des pensions, et près de 85% ne sont pas satisfaits de la réforme initiée par le gouvernement actuel, selon un sondage réalisé par le site Retraite.com*. Parmi les mesures prises dans le cadre de cette réforme, les sondés plébiscitent à 79% la mise en place d'un «compte pénibilité». A l'inverse, ils sont près de 73% à penser que la différence de régime entre le secteur public et le secteur privé reste injustifiée. Et 55% des Français jugent que le gouvernement aurait dû s'attaquer en priorité à une réforme des régimes spéciaux.

* Étude réalisée auprès de 1186 personnes en respectant la méthode des quotas.

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  • dufo123 le lundi 27 jan 2014 à 09:26

    eskimmo, arrêtez d'écrire de pareilles âneries, regardez autour de vous avant de déverser votre jalousie sur les séniors qui ont certainement travaillé beaucoup plus dur que vous et dans quelles conditions! Croyez vous qu'aujourd'hui certains individus ne travaillent pas au black en cumulant des prestations en tous genres?

  • eskimmo le dimanche 26 jan 2014 à 12:21

    Et en plus les retraités qui ont fait du black toute leur vie viennent pleurnicher alors qu'ils ont la santé et la dépendance offerte par les jeunes actifs.

  • M9838976 le dimanche 26 jan 2014 à 10:57

    CAMIF, de qui parlez-vous, des retraités de la fonction publique ? Je suis à la retraite, j'ai cotisé comme tout le monde, travaillé non pas 35 h par semaine mais LE DOUBLE, comme gérant d'un hôtel-restaurant : jours de fermeture néant durant plus de 8 ans. Mon personnel faisait 39 h selon la loi et gagnait plus que moi. Aujourd'hui à 70 ans mon état de santé est catastrophique et m'interdit toute activité. Vous jalousez ma retraite : 500€ PAR MOIS !!(retraite de commerçant)ça vous tente ?

  • gl060670 le dimanche 26 jan 2014 à 10:01

    pas moi !

  • lamirgue le dimanche 26 jan 2014 à 08:03

    >Nous savons tous que c'est le service public qui a vider toutes les caisses m'aime celle des jeunes.

  • CAMIF le samedi 25 jan 2014 à 22:28

    ce sont d'ailleurs les seuls à avoir de l'argent, l'argent qu'ils pompent chaque mois aux jeunes actifs qui leur payent leur retraite, leur financent leurs soins médicaux et leur APA. Une fois payé ces charges il ne reste plus grand chose aux jeunes actifs pour financer leur logement ou bine donner à manger à leurs enfants.