Les retraités britanniques de Combiers rongés par l'incertitude

le , mis à jour à 06:33
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Les retraités britanniques de Combiers rongés par l'incertitude
Les retraités britanniques de Combiers rongés par l'incertitude

Depuis quatre jours, tout a basculé à Combiers. « On dort cinq heures par nuit. Je m'inquiète pour nous et pour tout le monde là-bas. Ce Brexit, c'est complètement fou, idiot, non démocratique ! » ressassent, entre colère et stupéfaction, Kate Douglas et sa copine Alison Turrif assises devant un verre de jus de pomme. A vue de nez, nul cataclysme n'a encore atteint leurs maisons en pierre, l'église du XIIe siècle, la discothèque des Vieilles Forges, les rues paisibles de ce bourg de 129 âmes — dont 25 % de Britanniques — à la frontière entre la Charente et la Dordogne.

Kate risque de perdre 10 % de sa retraite

Mais pour tous ces fervents défenseurs de l'Union européenne, les Ecossaises Kate et Alison, les Anglais Anne, Peter, Iris, Steve, toute la petite communauté de Britanniques aux cheveux gris dont les jours coulent tranquillement ici depuis les années 1990, la vie est comme « en suspens ». « C'est le saut dans l'inconnu... On peut tout imaginer mais on ne sait rien. Ça ouvre plein d'anomalies », résume, bien désemparée, la bande de copains, anciens profs, pharmaciens, médecins, qui se réjouit encore d'avoir atterri un jour dans ce « fantastique petit village où les gens [les] ont accueillis du fond du coeur (sic) ».

Alors pour se rassurer, on trouve des boussoles. La BBC le matin. Les amis et la famille par Skype. Le téléphone portable où on suit, heure par heure, le cours de cette satanée livre sterling qui n'en finit plus de baisser. « 1,25 € hier soir. 1,19 € tout à l'heure », assène Steve. Chacun réagit comme il peut. « Je vais demander ma retraite française, à laquelle j'ai droit. 96 € par mois, c'est déjà ça », assume Kate. Enseignante à la retraite, elle risque de perdre 10 % de sa pension de 1 900 € dès le mois prochain. « Mais je ne sais pas si je pourrai continuer à entretenir ma maison », poursuit la sexagénaire. Steve, lui, se demande s'il ne va pas faire la ...

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