Les résultats trimestriels ramèneront-ils Wall Street sur terre?

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VERS UN RETOUR SUR TERRE DE WALL STREET AVEC LES RÉSULTATS DU 3E TRIMESTRE?
VERS UN RETOUR SUR TERRE DE WALL STREET AVEC LES RÉSULTATS DU 3E TRIMESTRE?

par Rodrigo Campos

NEW YORK (Reuters) - La semaine qui vient s'annonce chargée à Wall Street avec les chiffres mensuels de l'emploi et un déluge de résultats de sociétés, mais l'indice Standard & Poor's 500, qui vient d'atteindre de nouveaux sommets, a déjà surpassé les attentes pour 2013 et pourrait bien marquer le pas.

L'indice de référence des gérants américains a clôturé vendredi en hausse de 0,65% à 1.744,50 points, un nouveau et énième record. Ni la remontée des taux longs amorcée il y a quatre mois ni la paralysie du gouvernement fédéral pendant la première quinzaine d'octobre n'ont fait dérailler le mouvement haussier de Wall Street, qui a tout autant ignoré la menace d'un défaut de paiement de la première économie mondiale.

"Les investisseurs se sentent un peu invincibles, ayant survécu à la hausse des taux et aux manigances de (Washington) D.C., constate Brian Jacobsen, stratège chez Wells Fargo Funds Management à Menomonee Falls (Wisconsin).

Pour autant, ajoute-t-il, un ralentissement de la croissance se profile au quatrième trimestre et les boursiers pourraient commencer à prendre leurs bénéfices.

Sur l'ensemble de la semaine dernière, le S&P-500 a gagné 2,4%, le Dow Jones 1,1% et le Nasdaq Composite 3,2%, porté par les résultats de Google.

Depuis le début de l'année, le S&P a engrangé plus de 22% tandis que le Dow a pris 17,5% et le Nasdaq Composite près de 30%.

L'EMPLOI DE SEPTEMBRE, ENFIN

Mardi verra la publication des chiffres de l'emploi de septembre, initialement prévue en début de mois mais reportée en raison du "shutdown" du gouvernement.

Les données de septembre ne devraient pas être affectées par le report, mais celles d'octobre risquent de l'être. Or de cet indicateur dépendra en partie la décision de la Réserve fédérale de commencer à réduire ses rachats d'actifs, qu'elle effectue actuellement au rythme de 85 milliards de dollars par mois pour soutenir l'activité.

"Avec l'accord temporaire qui a mis fin à la crise à Washington et la publication mardi des chiffres de l'emploi, l'attention va se focaliser de nouveau sur la Fed et son programme de soutien", note Tim Ghriskey, responsable des investissements chez Solaris Group à Bedford Hills (New York).

La question est maintenant de savoir si l'impact économique du "shutdown" ne va pas contraindre la banque centrale à attendre 2014 pour commencer à réduire ses achats de T-Bonds, même si une majorité d'économistes tablent sur un début de normalisation en décembre.

FLOT DE RÉSULTATS

Le reste de la semaine sera plus calme sur le front des indicateurs mais l'actualité sera riche du côté des résultats des entreprises avec quelque 28% des composantes du S&P-500 qui publieront leurs comptes du troisième trimestre.

Parmi les grands noms de la cote qui publieront figurent Caterpillar, McDonald's, Boeing, Microsoft, UPS, AT&T et DuPont, toutes composantes du Dow Jones, aux côtés de valeurs grand public comme Netflix et Amazon.com.

Les estimations de croissance de bénéfice des sociétés du S&P-500 pour le troisième trimestre ne sont plus que de 2,1% en moyenne, contre 4,5% au début octobre et 8,5% en juillet.

A ce jour, près d'une centaine d'entreprises ont publié leurs résultats et, en termes de chiffre d'affaires, 53% ont fait mieux qu'attendu mais 46,9% ont manqué le consensus - un chiffre plus important que la moyenne des dernières années et qui interpelle Brad McMillan, directeur des investissements chez Commonwealth Financial à Waltham (Massachusetts).

"Cela va nous ramener sur terre un peu. Les bénéfices sont importants mais c'est surtout les chiffres d'affaires que je regarde", dit-il.

"Plusieurs sociétés nous ont agréablement surpris, Dieu les bénisse, mais est-ce la règle ou l'exception?"

A 14,6, le ratio cours/bénéfices estimés du S&P-500 est à son plus haut depuis quatre ans et se rapproche de sa moyenne historique de 14,9. Si les perspectives de croissance des résultats ne s'améliorent pas, le marché américain commencera à être cher.

Véronique Tison pour le service français

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  • guerber3 le dimanche 20 oct 2013 à 18:34

    Wall Street, comme les autres marchés, est en "Monopoly", l'économie n'a rien à voir avec les faussaires!!!