Les résultats 2012 de Casino dopés par l'international

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LES PAYS ÉMERGENTS DOPENT LES RÉSULTATS 2012 DE CASINO
LES PAYS ÉMERGENTS DOPENT LES RÉSULTATS 2012 DE CASINO

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Casino s'est dit jeudi confiant dans une nouvelle progression de ses résultats en 2013, après un exercice 2012 une nouvelle fois sauvé par ses performances dans les pays émergents.

Le distributeur stéphanois a vu son résultat opérationnel 2012 grimper de 29,3% à 2,002 milliards d'euros, un chiffre légèrement supérieur aux anticipations des analystes, et sa marge progresser de 26 points de base à 4,8%.

Plombé par une conjoncture morose et une contre-performance de ses hypermarchés en France, le résultat opérationnel a reculé de 8,6% à 685 millions d'euros dans l'Hexagone, mais cette baisse a été plus que compensée par l'international, dont le résultat a bondi de 65% à 1,32 milliard avec la consolidation de 100% de la filiale brésilienne GPA.

A périmètre constant, la croissance du résultat des filiales internationales ressort à 14%.

Casino, qui a sensiblement renforcé son profil de croissance avec la consolidation du numéro un brésilien de la distribution alimentaire, réalise 60% de ses ventes à l'étranger. Le Brésil, la Colombie, la Thaïlande et le Viêtnam pèsent maintenant pour 66% de ses performances opérationnelles.

Le groupe, propriétaire de Franprix, Leader Price, Géant Casino, Cdiscount et Monoprix, avait publié le mois dernier un chiffre d'affaires annuel en croissance de 22% (+4% à données comparables) à 41,9 milliards d'euros, marqué par une chute des ventes de ses hypermarchés en France au quatrième trimestre.

En France, la marge opérationnelle courante recule à 3,7%, mais sa baisse (28 points de base) a été limitée par la relative résistance des formats de proximité. Le groupe profite aussi des solides performances de Monoprix, qui a dégagé une marge de 6,1%, et dont il s'apprête à racheter les 50% jusqu'ici détenus par les Galeries Lafayette pour 1,2 milliard d'euros.

A l'inverse, la marge opérationnelle courante a progressé de 50 points à 5,6% à l'international.

"STABILISER LE COMMERCE EN FRANCE"

Ces chiffres ont été bien accueillis par le marché, le titre prenant 1,2% à 14h30, dans un marché en repli de 1,8%.

"L'opérationnel est légèrement supérieur aux attentes et les marges en France un peu moins dégradées que prévu, grâce à des réductions de coûts supérieures aux attentes", soulignent les analystes de Credit Suisse.

Pour 2013, "la croissance devrait se poursuivre à l'international, nous sommes très confiants", a déclaré le PDG du groupe Jean-Charles Naouri, tandis qu'en France il a dit viser une "stabilisation du commerce".

Dans l'Hexagone, la priorité sera donnée aux baisses de prix sur les grandes marques "nationales" dans les hypermarchés, pour réduire l'écart avec ses grands concurrents, notamment Leclerc. Ces baisses seront financées par un moins grand nombre de promotions et par des économies de coûts.

"Les réserves sont très significatives en France", a dit Jean-Charles Naouri, évoquant des "fonctionnements plus économes et plus frustes" mais excluant tout plan social.

Le scandale de la viande de cheval n'a eu qu'un impact très marginal, évalué à 0,1% des ventes alimentaires de Casino en France, a-t-on par ailleurs indiqué dans le groupe.

Après une importante modification de périmètre, Jean-Charles Naouri a assuré que Casino n'entendait pas investir de nouveaux marchés, du moins pour l'année 2013.

"Il n'y a pas de projet d'entrer dans de nouveaux pays en 2013 (...), au-delà nous verrons", a-t-il dit.

Il a aussi exclu une nouvelle sortie du capital de la foncière Mercialys. "Nous n'avons aucune intention de descendre au-dessous de 40%", a-t-il affirmé. Casino avait déclaré en février 2012 qu'il envisageait d'y réduire sa participation à un niveau compris entre 30% et 40%.

Le résultat net ajusté (hors éléments exceptionnels) est quasiment stable (-0,2% à 564 millions d'euros), comme le dividende proposé, inchangé, à 3,00 euros par action.

Pour 2013 et les années à venir, le PDG a dit espérer une "forte progression du bénéfice net par action", expliquant qu'il avait pâti ces dernières années d'un "coût financier important lié à la politique d'expansion du groupe".

Edité par Dominique Rodriguez

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