Les résultats 2011 de Casino en forte hausse grâce aux émergents

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par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - Casino a annoncé mardi une forte progression de ses résultats annuels, tirés par la contribution des pays émergents qui a plus que compensé le recul de la performance en France.

Le distributeur, en plein conflit avec les Galeries Lafayette pour la reprise des 50% de Monoprix détenus par les grands magasins, a vu son résultat opérationnel 2011 progresser de 19,1% à 1,548 milliard d'euros, un chiffre conforme à ses anticipations faites en janvier.

Le groupe, propriétaire de Franprix, Leader Price, Géant Casino, Cdiscount et Monoprix (à 50-50 avec les Galeries Lafayette), avait publié le mois dernier un chiffre d'affaires annuel en hausse de 18,7% à taux constants à 34,36 milliards d'euros.

Pour 2012, il dit anticiper une progression de ses ventes supérieure à 10%, conformément à ses objectifs, qui incluent une croissance à deux chiffres au cours des trois années qui viennent.

En France, malgré une conjoncture morose et une concurrence féroce, Casino a redressé la barre au second semestre, son résultat opérationnel courant progressant de 13,3% après un plongeon de 22% au premier, ce qui lui a permis de finir l'année sur une baisse limitée à 2,6% (à 750 millions d'euros) pour une marge de 4%, en recul de 23 points de base en données comparables.

A l'inverse, le résultat opérationnel réalisé dans les émergents a bondi de 50,5% à 798 millions d'euros et compte désormais pour 52% de la performance du groupe, dopé par un important effet de périmètre (acquisitions au Brésil et en Thailande). A données comparables, il signe encore une solide progression de 11,3%.

Au total, la marge opérationnelle courante de Casino reste stable à 4,5%.

Le résultat net progresse de 6,5% à 568 millions d'euros.

Choyant ses actionnaires, Casino proposera un dividende en hausse de 7,9% à 3,00 euros, avec une option de paiement en actions à hauteur de 50%.

DETTE ALOURDIE

La dette financière nette du groupe s'est alourdie à 5,379 milliards d'euros fin 2011, pour un ratio de dette nette/Ebitda de 2,35, supérieur à l'objectif de 2,2 (contre 1,97 un an plus tôt), avec la montée au capital du brésilien Grupo Pao de Açucar (GPA) et en l'absence d'une augmentation de capital prévue pour le thaïlandais Big C, qui n'a toujours pas été réalisée.

Après ces résultats jugés sans réelle surprise, le titre Casino a ouvert sans grand changement à la Bourse de Paris mardi, grappillant 0,15% à 71,97 euros et signant une hausse de 10,42% depuis janvier.

"Les chiffres avaient été largement annoncés", relèvent les analystes de Jefferies qui évoque cependant un "remarquable redressement en France au second semestre compte-tenu de la faible croissance organique".

A ce niveau de cours, Casino se traite sur un multiple de valorisation de près de 12 fois les résultats estimés pour 2012, contre une moyenne de 11 fois pour le secteur de la distribution.

Cette prime reflète, selon les analystes, un profil de croissance supérieur grâce à sa forte exposition aux pays émergents, qui comptent désormais pour près de 50% du chiffre d'affaires.

Le distributeur sera très attendu, lors d'une conférence prévue à 10h00, sur son conflit avec les Galeries Lafayette sur la valorisation de Monoprix, sur l'évolution de ses marges en France ainsi que sur son projet de prise de contrôle de sa filiale brésilienne Pao de Açucar (GPA) prévue en juin prochain.

Casino occupe la quatrième place sur le marché français de la distribution, derrière Carrefour et les groupements indépendants Leclerc et Intermarché, selon les données de l'institut Kantar.

Pascale Denis, édité par Marc Angrand

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