Les ressortissants français évacués de Libye de retour en France

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ÉVACUÉS
ÉVACUÉS

par Jean-François Rosnoblet

TOULON Var (Reuters) - Quarante-sept ressortissants français et britanniques, dont 14 enfants, évacués de Libye en raison des violents combats qui y font rage ont débarqué vendredi matin sur les quais du port de Toulon (Var) à la suite d'une opération militaire française.

Les 40 Français et les sept Britanniques sont arrivés à bord de la frégate Montcalm, qui les avait récupérés en moins d'une heure dans la nuit de lundi à mardi au large de Tripoli.

Regroupés dans un grand hôtel de la capitale libyenne, les ressortissants ont été pris en charge par le personnel de sécurité de l'ambassade de France jusqu'au lieu d'évacuation portuaire qui avait été sécurisé par les marins du Montcalm.

"On savait que les combats étaient intenses dans la zone sud de Tripoli, à une demi-douzaine de kilomètres de la zone du port relativement calme. On n'aurait pas fait évacuer les ressortissants sous les balles, même si le risque zéro n'existe pas", a déclaré le capitaine de vaisseau Vincent du Gardin, commandant du navire.

L'évacuation par voie maritime a été préférée à une évacuation par voie terrestre peu sûre ou par voie aérienne à partir d'un aéroport militaire jugée incertaine.

L'opération s'est finalement déroulée de nuit, mardi vers deux heures, pour prendre de vitesse une forte dégradation des conditions météorologiques.

"La situation en Libye se dégrade de jour en jour. Les combats entre factions sont intenses pour le contrôle de l'aéroport, des combats très sévères qui donnent lieu à pas mal d'exactions", a dit l'ambasseur de France, Antoine Sivan, en poste depuis 2011 à Tripoli.

Le diplomate et les derniers membres de l'ambassade "mise en sommeil", une demi-douzaine au total, font partie des personnes rapatriées.

"IMPOSSIBLE DE RESTER"

Les combats entre les factions libyennes, qui ont fait 200 morts depuis deux semaines, ont fait basculer le pays dans des violences sans précédent depuis la fin de la guerre civile et le renversement du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Une quarantaine de bi-nationaux ont pour leur part choisi de demeurer sur place malgré le danger mais Antoine Sivan a assuré que les autorités restaient en contact avec eux.

L'ambassade de France avait déjà été momentanément fermée, entre février et septembre 2011, lors des événements du Printemps arabe.

L'exil devrait être bien plus long pour les autres ressortissants, dont la plupart considèrent comme un aller simple leur retour en France.

"Là-bas, tout le monde est armé, un simple incident verbal peut mal se terminer. Etant donné le chaos du pays, on n'a pas hésité même si on n'a eu que quelques heures pour faire nos valises", explique Mohamed Torchani, de retour avec sa femme et ses trois enfants.

Installé depuis 2008 en Libye, ce professeur de droit à l'université de Tripoli a donné ses derniers cours au début du mois de juin. Depuis, il se terrait dans son appartement du centre ville, ne sortant plus que par nécessité pour nourrir les siens.

"La situation est très tendue, on entend sans cesse les explosions. C'était devenu impossible de rester", souligne Fedra Lamloum, rapatriée avec sa fille mais sans son mari. "La peur était permanente".

La peur de représailles s'est ajoutée aux combats, même si les étrangers ne sont pas forcément considérés comme des cibles privilégiées par les factions locales.

"J'ai quand même eu des menaces précises, mais on avait surtout peur de voir les enfants enlevés pour l'argent", dit encore Mohamed Torchani. "Tout cela est maintenant dernière nous, une nouvelle vie commence. L'essentiel est d'être sauvé."

(Edité par Yves Clarisse)

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  • JODHY le vendredi 1 aout 2014 à 13:02

    ils seront accueilli par BHL