Les responsables d'une école jugés pour pédophilie

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OUVERTURE DU PROCÈS DE REPONSABLES D'UNE ÉCOLE NAVALE JUGÉS POUR PÉDOPHILIE
OUVERTURE DU PROCÈS DE REPONSABLES D'UNE ÉCOLE NAVALE JUGÉS POUR PÉDOPHILIE

par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Plus de vingt ans après les faits, le procès pour viols et atteintes sexuelles sur mineurs de quinze ans du fondateur et de trois animateurs "L'Ecole en Bateau" s'est ouvert mardi à Paris.

Cette association, qui emmenait des enfants en mer à l'étranger dans le cadre d'un projet éducatif alternatif, a transporté entre 1969 et 2002 plus de 400 garçons et une soixantaine de filles, âgés pour la plupart de 11 à 13 ans.

Un "climat libertin" régnait à bord des bateaux, sur lesquels enfants et adultes étaient souvent nus, et encouragés notamment à se livrer à des massages, d'après l'instruction.

Le président-fondateur de l'association, Léonide Kameneff, aujourd'hui âgé de 76 ans, ainsi que trois de ses équipiers sont renvoyés devant la Cour d'assises des mineurs de Paris pour des faits qu'ils auraient commis entre 1981 et 1995.

Ce psychologue de formation qui s'est décrit à l'audience comme un "sauvage social", a dit avoir fondé l'association dans le but de proposer aux enfants un apprentissage par la découverte, et une "égalité de statut" avec les adultes.

"J'avais décidé de ne pas empêcher les manifestations de sexualité qui pourraient naître à bord", a-t-il dit. "Je reconnais que j'ai eu tort, étant donné ce qui se passe maintenant, (...) mais à l'époque, ça ne m'a pas paru mal, ça ne m'a pas paru anormal non plus."

Il reconnaît avoir eu des "gestes répréhensibles", des "caresses" motivées par "le jeu et l'affection" mais affirme que les relations étaient consenties et récuse toute pédophilie.

"MICROCOSME AVEC UN GOUROU"

À la question "ne pensez-vous pas que des relations sexuelles entre adultes et enfants soient en soi répréhensibles?", il a répondu : "Ça dépend de ce que l'on appelle relation sexuelle, ça dépend comment c'est fait."

Plusieurs plaignants ont décrit l'emprise psychologique des animateurs de "L'Ecole en bateau", qui préconisaient des "rapports sans tabou" entre adultes et enfants, en faisant notamment référence à la philosophie de la Grèce antique.

L'une des parties civiles a même comparé la vie à bord à un "microcosme avec un gourou", dans lequel le contact des enfants avec leurs parents était réduit à son strict minimum.

"L'Ecole en bateau" avait pour objectif officiel de "permettre aux enfants d'accéder à leur épanouissement intellectuel, psychologique, affectif et social en leur faisant découvrir d'autres cultures et d'autres contrées".

Perçue comme un projet pédagogique novateur, elle a été présentée à l'époque dans de nombreux reportages et recevait un soutien financier de l'Education nationale.

Après avoir rejeté les accusations dont il faisait l'objet, Léonide Kameneff a reconnu en 2009 avoir procédé à des attouchements, mais a nié tout viol. Mais il a déclaré mardi avoir tenu ces propos "pour sortir de prison".

Un autre accusé, Bernard Poggi-Verignon, qui a lui-même été élève sur le bateau-école avant de s'y charger de l'animation pédagogique, a reconnu en 2008 la plupart des agressions sexuelles qui lui sont reprochées.

Il a expliqué aux juges que, dans son esprit, les rapports engagés avec les enfants étaient consentis, faisant abondamment référence au "vent de libération" de Mai-1968.

Un troisième accusé participant à "l'Ecole en bateau" de 13 à 19 ans, est, fait rare, aussi partie civile.

Agé de 17 ans à l'époque des faits reprochés, les experts ont estimé qu'il les avait commis "sous l'influence d'adultes qui avaient faussé sa notion des limites et des tabous".

Edité par Yves Clarisse

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  • mlaure13 le mardi 5 mar 2013 à 19:03

    C'est malheureux à dire, mais se "débarrasser"des enfants, pendant plusieurs semaines, sans contrôle, c'est laisser la porte ouverte pour tenté le diable, qui est tapi sournoisement en chaque individu ...