Les réseaux sociaux n'ont pas vu venir la victoire de Fillon

le
0
François Fillon, le 20 novembre 2016 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )
François Fillon, le 20 novembre 2016 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Les réseaux sociaux n'ont pas vu arriver la victoire de François Fillon dimanche: ils désignaient comme vainqueur du 1er tour de la primaire Nicolas Sarkozy, omniprésent dans les conversations en ligne, soulignaient plusieurs experts lundi.

Conclusion: "Le web social n’est pas un bon indicateur pour évaluer la puissance d’un candidat dans les urnes", résume le spécialiste des réseaux sociaux Nicolas Vanderbiest sur son blog ReputatioLab.

Une réponse aux experts qui espéraient que l'écoute des réseaux sociaux permettrait de mieux sonder l'opinion, après l'échec des sondages lors de l'élection présidentielle américaine.

Les grands cabinets de veille comme Visibrain ou Talkwalker, qui comptabilisent les mentions, partages, commentaires ou "like" sur des réseaux comme Facebook ou Twitter, ou sur des sites d'actualités et blogs, étaient unanimes dans leurs conclusions la semaine dernière : Nicolas Sarkozy était de loin le candidat plus présent. Même si les commentaires étaient un peu plus négatifs que pour ses concurrents.

De quoi pousser Visibrain à affirmer jeudi que "les réseaux sociaux annoncent Sarkozy vainqueur du 1er tour" et que "si l’on devait se fier aux données des réseaux sociaux, Nicolas Sarkozy exploserait les bulletins de vote, avec le plus d’engagements, celui dont on parle le plus".

Face au résultat, les experts en tiraient les leçons lundi : "en analysant les réseaux sociaux, rien n'explique que Sarkozy ait perdu et personne n'aurait pu prédire la victoire de Fillon", souligne Nicolas Vanderbiest, qui a synthétisé les analyses des 18 millions de tweets et 270.000 contenus sur le web postés depuis la rentrée à propos de ce scrutin.

Les chiffes semblaient pourtant clairs : l'ex-chef de l'Etat remportait la palme de la popularité sur Twitter, avec 446 417 mentions du 7 au 14 novembre contre 157.086 pour Alain Juppé et 148.652 pour François Fillon, calculait Visibrain, un reflet de l'armée de partisans qui relayait ses messages.

- Complet décalage -

Nicolas Sarkozy est d'ailleurs resté en tête sur Twitter depuis le 1er jour de la campagne, les 2e et 3e places étant disputées entre Alain Juppé et François Fillon, qui réduisait l'écart avec Alain Juppé à mesure que l'élection approchait. Des chiffres en complet décalage avec les résultats du vote.

Même constat pour le cabinet d'analyse luxembourgeois Talkwalker, qui scrute 150 millions de sites et les dix principaux réseaux sociaux : en nombre de mentions, jusqu'à la veille du scrutin, Nicolas Sarkozy devançait tous ses adversaires.

Seule exception, les partages sur Facebook où il s'était fait légèrement dépasser par François Fillon, nuance Nicolas Vanderbiest.

Un signal de la montée de François Fillon - mais pas de la baisse de Nicolas Sarkozy - a cependant émergé le jeudi 17 au soir, après le débat, note Albane Flamant, de Talkwalker : "Les conversations concernant François Fillon ont décollé et atteint le double de celles sur Alain Juppé, rejoignant presque le score de celles sur Nicolas Sarkozy, toujours en tête."

Une tendance qui a perduré jusqu'au samedi, veille du scrutin, où François Fillon restait presque au niveau de l'ex-président de la République.

Malgré la difficulté des analyses sémantiques, Talkwalker estime que dans cette dernière ligne droite les mentions sur Sarkozy étaient majoritairement hostiles : hormis la bonne moitié de mentions neutres, 54% étaient négatives et 46% positives, alors que les négatives pesaient près de 52% pour Juppé et 49,8% pour Fillon.

Autre indice pro-Fillon, ses messages sur Twitter ont suscité lors des trois derniers jours nettement plus d'engagements (partages, commentaires...) que ceux de Sarkozy (60.000 contre 43.000), devant Juppé.

Dernier présage, la synthèse des outils d'analyse soulignait dès la semaine dernière que la "catosphère" ou "patriosphère" - les Twittos proches des catholiques traditionalistes ou des souverainistes - s'en sont pris franchement à Alain Juppé, allant jusqu'à l'accuser de soutenir les islamistes - notamment l'influent "@tprincedelamour" - et ont finalement soutenu François Fillon, explique Nicolas Vanderbiest.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant