Les réseaux d'eau deviennent intelligents

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Opérateurs et collectivités veulent réduire les fuites et économiser la consommation d'énergie.

Sécurité sanitaire, économie d'eau et d'énergie, et même confort - avec le compteur intelligent après tout, finie la corvée des relevés -, les réseaux d'eau évoluent. Étape la plus visible, le compteur d'eau intelligent se généralise... doucement. Chez Veolia par exemple, 1 million d'abonnés, sur un total de 7 millions en France, sont équipés en télécompteurs. Mais 25% d'entre eux seulement fonctionnent en réseaux intelligents. Au-delà de la détection des fuites, ceux-ci mesurent en continu la consommation d'eau, ce qui permet aux clients de réduire leur consommation. «C'est un premier pas vers la ville intelligente (smart city)», explique Marc Reneaume, directeur général adjoint de Veolia Eau. Et un énorme marché. Le cabinet d'études américain Pike Research prévoit que 800 millions de compteurs intelligents seront installés dans le monde d'ici à 2018 tandis qu'IBM évalue le marché de l'eau intelligente à 20 milliards de dollars d'ici à 2015.

La gestion de «l'eau intelligente» séduit opérateurs et industriels. General Electric noue un partenariat avec Suez Environnement. Schneider Electric, IBM et une quinzaine d'autres entreprises ont lancé il y a quelques semaines le réseau international swan (Smart Water Networks) pour améliorer l'efficacité des réseaux. Une nécessité alors que les pertes d'eau sont évaluées à 20% dans les réseaux des pays industrialisés.

Des «oreilles» pour détecter les fuites

«Un réseau plus intelligent permet d'améliorer l'efficacité énergétique tout en optimisant le processus, qu'il s'agisse de la distribution d'eau potable ou du traitement des eaux usées », souligne Pascal Bonnefoi, directeur du Segment eau chez Schneider Electric. Très présent au niveau des stations de pompage et de traitement des eaux, Schneider Electric propose déjà à des clients américains des solutions pour réduire de 30% le coût de l'énergie utilisée. Cela peut entraîner jusqu'à 10 % d'économies sur l'ensemble des charges de leurs réseaux.

En France, sécurité sanitaire oblige, Veolia met en place un système de suivi au plus juste des flux du Sedif, le Syndicat des eaux d'Ile-de-France. Capteurs de débit et de pression, mesures de la température du chlore, des matières en suspension... D'ici à deux ans, le plus grand réseau d'eau potable d'Europe sera entièrement équipé pour suivre à la trace la moindre goutte d'eau. Au-delà des «oreilles» pour détecter les fuites d'eau, Veolia utilise deux logiciels ultra-sophistiqués, Mosare et Vision, pour connaître les zones à restaurer en priorité dans un réseau et permettre aux élus de déterminer s'il vaut mieux réparer ou changer le tronçon.

Autres terrains d'innovation: les stations d'épuration. «On arrivera à recycler quasiment tout ; eau, matières, boues, pour en faire des fertilisants, à base de phosphore notamment», souligne Marc Reneaume. Le recours aux nouvelles technologies concerne tout le réseau, de la collecte des eaux à leur distribution. Veolia travaille même en amont, sur le suivi des masses nuageuses, afin d'anticiper les phénomènes météorologiques anormaux et d'adapter la capacité des stations de traitement des eaux. «La sécheresse actuelle est une illustration de l'intérêt qu'il y a à mieux gérer les ressources en eau», explique Marc Reneaume.A. Boh.

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