Les républicains jugent "absurde" l'alternative d'Obama sur l'Iran

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WASHINGTON, 6 août (Reuters) - L'alternative établie par Barack Obama entre l'accord conclu avec l'Iran sur son programme nucléaire ou la guerre est "absurde", a déclaré jeudi le chef de file de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell. Le président démocrate, a-t-il dit à la presse, a commis "une formidable erreur" en maniant cet argument. "Ce n'est pas cet accord ou la guerre, c'est cet accord ou un meilleur accord", a-t-il poursuivi. Barack Obama a défendu mercredi l'accord conclu le 14 juillet dernier à Vienne en estimant qu'abandonner cette voie de compromis aboutirait à une nouvelle guerre au Moyen-Orient. "Il n'y aura pas d'alternative à des actions militaires si nous rejetons une solution diplomatique durement gagnée que le monde soutient de manière quasi unanime", a déclaré le président américain à l'American University de Washington, lieu hautement symbolique où John Kennedy avait défendu en 1963 un traité d'interdiction des armes nucléaires avec l'Union soviétique. L'accord conclu à Vienne entre l'Iran et les puissances du P5+1 (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni + Allemagne) prévoit d'encadrer et surveiller les activités nucléaires iraniennes en échange d'une levée progressive des sanctions imposées à Téhéran. Mais ses détracteurs aux Etats-Unis, principalement l'opposition républicaine, majoritaire au Congrès, reprochent aux négociateurs américains de ne pas avoir obtenu suffisamment de garanties pour empêcher l'Iran de développer une arme nucléaire et jugent que la levée des sanctions renforcera les moyens de Téhéran pour parvenir à la bombe A. Selon le Nuclear Review Act promulgué en mai dernier, le Congrès a jusqu'au 17 septembre pour approuver ou rejeter l'accord. Les républicains ont déposé une résolution hostile au compromis de Vienne qu'ils devraient être en mesure de faire adopter. Il semble difficile en revanche qu'ils puissent mettre en échec le veto présidentiel qu'Obama a promis d'opposer à une motion de désapprobation. Il leur faudrait pour cela trouver une majorité qualifiée des deux tiers nécessitant de rallier les voix d'au moins 44 élus démocrates à la Chambre des représentants et 13 au Sénat. (Susan Cornwell; Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)

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