Les remous chinois n'effrayent pas les actionnaires de l'aéroport de Toulouse

le , mis à jour à 17:38
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TOULOUSE, 23 juin (Reuters) - Les actionnaires locaux de l'aéroport de Toulouse-Blagnac se sont voulus rassurants mardi après l'annonce de la disparition de Mike Poon, co-fondateur de Friedman Pacific Asset Management, société membre du consortium Symbiose qui a racheté en avril dernier 49,99% des parts de l'Etat dans le capital du site. Le titre China Aircraft Leasing Group Holding Ltd (Calc) 1848.HK , un gros client d'Airbus dont Mike Poon est le PDG, a plongé après que le groupe s'est déclaré incapable de joindre son directeur général, qui a annoncé sa démission le 17 juin. Selon le quotidien South China Morning Post, qui cite des sources connaissant bien le groupe, l'homme a disparu il y a plus d'un mois et son nom aurait été cité dans une enquête pour corruption menée auprès de l'une des compagnies clientes de Calc, China Southern Airlines 600029.SS . Le dirigeant chinois préside également Casil Europe, la société de droit français créée par le consortium Symbiose pour l'opération de rachat de 49,99% des parts de l'Etat dans la société Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB). Pour Anne-Marie Idrac, présidente du conseil de surveillance d'ATB, la démission de Mike Poon de la société Calc n'a "aucun impact sur la gestion et l'activité de l'aéroport toulousain". "Nous n'avons aucune relation d'affaires avec Calc", a-t-elle expliqué. "Les nouveaux actionnaires sont Shandong Hi-Speed Group et FPAM et la gestion est assurée par le directoire." Alain Di Crescenzo, président de la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse, deuxième actionnaire à hauteur de 25% de la société ATB a dit mardi à Reuters que cette disparition, qu'il ignorait, n'avait "aucune conséquence" pour l'aéroport. "La transaction a été faite, les équipes et la gouvernance sont en place et les opérations, dans lesquelles n'intervient pas Mike Poon, sont lancées", a-t-il déclaré. QUID DU DEVELOPPEMENT DE CASIL EUROPE ? Le conseil de surveillance d'ATB est composé de quinze membres dont six sont des représentants de Casil Europe. L'Etat compte deux sièges, la CCI de Toulouse quatre et les collectivités (région Midi-Pyrénées, Toulouse Métropole et département de la Haute-Garonne) un chacune. Pour Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole qui détient 5% du capital de la société d'exploitation "la démission de Mike Poon, en toute logique, ne doit pas avoir d'incidence sur la participation du consortium chinois qui reste une personnalité morale, dans le capital de l'aéroport". Plusieurs sources proches du dossier font néanmoins prévaloir que la disparition du jeune dirigeant risque de nuire aux projets de développement de Casil Europe. La société ambitionne de se spécialiser dans les infrastructures aéroportuaires en France et en Europe et comptait sur Toulouse pour démontrer son savoir-faire. Au nom du Collectif contre la privatisation de l'aéroport, opposé au projet de cession, l'avocat Christophe Lèguevaques pointe un dossier qu'il juge "suspect depuis le début". "Depuis les premiers jours, nous nous interrogeons sur l'intégrité de l'offre des Chinois, deux fois supérieure à celle des autres candidats", a-t-il dit. Durant la phase de consultation des différents candidats à la reprise de 49,99% des parts de l'Etat dans le capital d'ATB, Mike Poon s'est déplacé en personne à Toulouse pour tenter de rassurer les actionnaires institutionnels locaux. Le dirigeant chinois s'est également rendu à plusieurs reprises pour ses affaires à Toulouse où la société Calc a ouvert un bureau de représentation. La société fondée par Mike Poon, qui a pour actionnaire de référence le groupe FPAM, a confirmé en janvier dernier une commande de 100 avions de la famille A320 à Airbus. (Johanna Decorse, édité par Yves Clarisse)


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  • kurki le mercredi 24 juin 2015 à 06:59

    Il fallait bien s'y attendre ...