Les relations franco-cubaines confortées, accord sur la dette

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 (Actualisé avec nouvelles citations, Castro) 
    PARIS, 1er février (Reuters) - Neuf mois après le voyage de 
François Hollande à La Havane, la France et Cuba ont ouvert 
lundi à Paris un nouveau chapitre de leurs relations, concrétisé 
par un accord sur la dette qui étouffe l'économie de l'île 
communiste.  
    En visite d'Etat dans la capitale française, le président 
Raul Castro a en outre salué la position française quant à une 
levée complète de l'embargo américain contre son pays, allégé 
depuis décembre 2014.  
    Au terme d'un entretien d'une heure, François Hollande et 
Raul Castro ont supervisé la signature d'une série d'accords 
portant notamment sur la conversion d'une partie des arriérés de 
la dette cubaine en un fonds franco-cubain doté de 212 millions 
d'euros.  
    Ce fonds "servira à accélérer les projets franco-cubains à 
Cuba en finançant une part des coûts locaux de ces projets", 
précise l'Elysée dans un communiqué.  
    Les projets appelés à être soutenus seront sélectionnés par 
l'Agence française de développement, qui va ouvrir prochainement 
une antenne à Cuba.  
    Raul Castro a salué devant la presse "la volonté exprimée 
par les autorités françaises d'accompagner et de participer de 
façon plus active aux projets de développement économique et 
social de Cuba."  
     
    "VESTIGE DE LA GUERRE FROIDE"  
    Cette annonce destinée à soutenir une économie cubaine 
exsangue fait suite à l'accord trouvé le 12 décembre dernier 
entre le Club de Paris, présidé par la France, et Cuba sur la 
restructuration de 16 milliards de dollars (14,7 milliards 
d'euros) de dettes pour lesquelles La Havane avait fait défaut 
en 1986.  
    Les sommes dues aux pays occidentaux et au Japon s'élevaient 
à 11,9 milliards de dollars, dont 4,6 milliards pour la France.  
    Conformément à cet accord, "la France procédera comme les 
autres créanciers à l'annulation des intérêts de retard (3,7 
milliards d'euros), et verra la totalité du principal et des 
intérêts originels (530 millions d'euros) apurés", précise 
l'Elysée dans son communiqué de lundi.  
    D'autres accords ont été signés dans les domaines du 
tourisme, du transport ferroviaire et du commerce équitable. 
    Au plan politique, François Hollande a réitéré sa demande 
formulée en mai dernier à La Havane d'une levée complète de 
l'embargo américain imposé à Cuba depuis le début des années 
1960.  
    "Cet embargo, ce blocus doivent être maintenant effacés pour 
que Cuba prenne pleinement sa place et c'est la volonté de ce 
pays, c'est celle de la communauté internationale", a dit le 
président français. 
    Un timide rapprochement entre Washington et La Havane s'est 
opéré en décembre 2014 sous la houlette du président américain 
Barack Obama.    
    "Et donc le président Obama, qui a fait de nombreux gestes, 
doit, et il l'a dit lui-même, aller jusqu'au bout et permettre 
qu'il y ait la fin de ce vestige de la guerre froide", a demandé 
François Hollande. 
    Raul Castro, qui a pris les rênes de son pays en 2006 dans 
les pas de son frère Fidel, a salué pour sa part "la position 
traditionnelle française en faveur de la levée de l'embargo 
économique, commercial et financier des Etats-Unis contre Cuba 
qui est le principal obstacle au développement de notre pays et 
de ses relations économiques et commerciales."  
     François Hollande a précisé avoir abordé avec son hôte la 
question récurrente de la défense des droits de l'homme à Cuba.  
    "Nous n'avons écarté aucun sujet, y compris le droit des 
personnes", a dit le président.  
 
 (Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse) 
 
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