Les règles budgétaires suffisamment souples, dit l'Eurogroupe

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L'EUROGROUPE JUGE LES RÈGLES BUDGÉTAIRES SUFFISAMMENT SOUPLES
L'EUROGROUPE JUGE LES RÈGLES BUDGÉTAIRES SUFFISAMMENT SOUPLES

par Ingrid Melander

LUXEMBOURG (Reuters) - Les règles budgétaires de l'Union européenne sont suffisamment souples pour accompagner les efforts de relance de la croissance et il n'y a donc pas lieu de les changer, ont estimé jeudi soir ministres des Finances et responsables européens réunis à Luxembourg dans le cadre de l'Eurogroupe.

La question a été remise au centre du débat européen par le président du Conseil italien Matteo Renzi, dont le pays assurera à compter de juillet la présidence tournante de l'UE.

Renforcé par le triomphe de son Parti démocrate lors des élections européennes, le jeune chef du gouvernement italien plaide pour un assouplissement des règles communautaires afin de soutenir la croissance et l'emploi.

"Les règles existantes apportent suffisamment de souplesse", a dit le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, à son arrivée.

"Nous n'avons pas besoin de changer ces règles, nous devons nous y tenir", a-t-il poursuivi, estimant que finances solides et réformes structurelles constituaient "deux conditions nécessaires" à une croissance durable.

Les règles budgétaires du Pacte de stabilité et de croissance limitent les déficits public à 3% du produit intérieur brut et l'endettement à 60% du PIB. Mais des délais d'ajustement sont possibles.

L'Italie, où Renzi mène une politique de relance, veut se pencher sur la mise en oeuvre de ces règles.

Sigmar Gabriel, ministre allemand de l'Economie et président du Parti social-démocrate (SPD), associé à la CDU d'Angela Merkel au sein de la coalition, juge lui-même que les coûts des réformes structurelles ne devraient pas être pris en compte dans le calcul des déficits publics.

"Personne ne peut accepter les déficits qu'on a aujourd'hui, mais pour surmonter les déficits, il faut de la croissance, il faut de l'emploi", a-t-il dit lundi lors d'un déplacement à Toulouse avec son homologue français, Arnaud Montebourg.

Renzi et Gabriel sont attendus samedi à Paris, avec d'autres dirigeants de la social-démocratie européenne, pour un mini-sommet organisé par François Hollande.

RÉFORMER D'ABORD

Les participants de l'eurogroupe ont cependant été unanimes à estimer jeudi soir qu'il n'était pas nécessaire de modifier les règles du Pacte.

"L'Espagne est favorable à ce qu'on ne change pas continuellement les règles", a dit le ministre espagnol de l'Economie, Luis de Guindos. "Il est fondamental qu'elles soient stables, prévisibles et sensées: et je pense qu'elles le sont actuellement."

Michel Sapin, le ministre français des Finances, en convient: "Il ne s'agit pas de changer les règles", a-t-il dit. Mais il a laissé entendre que davantage de souplesse devrait être apportée. "Il faut simplement trouver le bon rythme pour que chacun de nos pays - je pense en particulier aux pays les plus en difficulté - de sorte que le retour à une situation budgétaire maîtrisée, une diminution ordonnée de la situation de l'endettement et une diminution du déficit se fasse dans des conditions qui soient non seulement compatibles mais même porteuses de croissance."

La France, qui a obtenu deux années de "sursis" de la Commission européenne, d'ici fin 2015, pour ramener son déficit dans les clous des 3%, inquiète certains responsables politiques du continent, qui ne voient pas venir les réformes promises par Paris.

Au point que, à l'image d'Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, ils estiment que les gouvernements européens concernés devraient d'abord lancer des réformes structurelles avant d'obtenir un éventuel délai pour ramener leurs déficits budgétaires dans les limites européennes.

"Il faut s'assurer que ces réformes économiques se sont réellement produites, qu'elles ont été décidées et même mises en oeuvre avant de bouger sur une prolongation du délai de correction des déficits excessifs", a dit Rehn.

La succession de José Manuel Barroso à la présidence de la Commission européenne, au coeur des débats européens, donne une marge de manoeuvre aux partisans de plus de souplesse.

A l'approche du Conseil européen des 26 et 27 juin, où le dossier devrait être réglé, l'Italie a clairement indiqué qu'elle ne soutiendrait la candidature du favori, Jean-Claude Juncker, qu'en fonction de ses engagements en matière de croissance et d'emploi.

"Nous ne sommes pas accrochés à un nom en particulier; nous voulons des engagements sur des priorités politiques", a déclaré cette semaine le secrétaire d'Etat italien aux Affaires européennes, Sandro Gozi. "Nous voulons que celui qui deviendra président de la Commission, Juncker y compris, s'engage sur des priorités politiques en terme d'emploi, de croissance, d'énergie et de droits fondamentaux", a-t-il ajouté.

(avec Annika Breidthardt et Martin Santa; Henri-Pierre André pour le service français)

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  • dgui2 le jeudi 19 juin 2014 à 23:51

    Toujours rien compris: Ce n'est pas au président de la CE de s'engager sur des objectifs. Ce sont les pays membres qui doivent s'engager sur des objectifs et surtout les atteindre.

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