Les recherches ont repris dans l'épave du Costa Concordia

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REPRISE DES RECHERCHES DANS L'ÉPAVE DU COSTA CONCORDIA
REPRISE DES RECHERCHES DANS L'ÉPAVE DU COSTA CONCORDIA

par Steve Scherer et Gabriele Pileri

GIGLIO, Italie (Reuters) - Les recherches ont repris jeudi dans l'épave du paquebot "Costa Concordia" à la faveur d'une amélioration des conditions météorologiques, mais le risque d'une catastrophe écologique plane toujours.

Six jours après le naufrage du navire sur la côte de l'île du Giglio, les secouristes assurent qu'aucune date limite n'a été fixée pour mettre un terme aux opérations.

Deux Français ont été identifiés parmi les 11 corps récupérés jusqu'à présent, ont annoncé les autorités italiennes. Dix-neuf personnes, dont deux Français, sont toujours portées disparues parmi les 4.200 personnes qui se trouvaient à bord au moment du naufrage.

Les plongeurs avaient interrompu leur travail mercredi en début de matinée, le navire ayant glissé sur le fond marin, ce qui rendait les opérations trop périlleuses.

Un porte-parole des pompiers a précisé que les recherches avaient repris jeudi vers 06h00. Il a par ailleurs démenti que les autorités chargées des secours se soient fixées un délai maximal. "La situation reste évolutive", a-t-il dit.

Le chef d'une équipe de plongeurs avait affirmé que les secouristes ne disposaient plus que de 12 à 24 heures pour trouver d'éventuels survivants à bord du "Costa Concordia".

A l'aide d'explosifs, les secouristes veulent créer trois trous dans la coque du paquebot, à 20 mètres de profondeur. Les chercheurs vont centrer leurs recherches sur le quatrième pont du navire, là où sept des onze corps ont été retrouvés.

"Le navire est un véritable labyrinthe. Il est gigantesque, (...), c'est un miracle qu'il y ait eu autant de survivants", estime Modesto Dilda, un des responsables des plongeurs. "C'est important de poursuivre les recherches. On comprend bien que les familles des victimes veuillent les corps", a-t-il ajouté.

RÉSERVE MARINE

Alors que les chances de trouver des survivants sont quasi nulles, apparaît désormais le risque d'une catastrophe écologique.

Environ 2.300 tonnes de carburant et de lubrifiant sont contenues dans les soutes du navire. La société néerlandaise de services maritimes SMIT s'est dite prête à commencer à pomper le carburant.

Le ministre italien de l'Environnement, Corrado Clini, a fait part d'un risque d'une détérioration des conditions climatiques. Le navire pourrait glisser de 50 à 90 mètres des récifs où il se trouve, s'endommager un peu plus et risquer de polluer l'une des plus grandes réserves marines d'Europe.

Selon le ministre, l'opérateur du paquebot, Costa Croisières, doit prendre des mesures pour limiter les ravages d'une possible fuite du carburant, en mettant notamment en place 1.000 mètres de barrières contre la pollution.

D'après le ministre italien, les opérations d'extraction du fuel pourraient prendre au moins deux semaines et ne devraient débuter qu'à la fin des opérations de recherche des corps.

"INCROYABLE NÉGLIGENCE"

Le capitaine du paquebot, Francesco Schettino, est accusé d'homicides multiples, d'avoir provoqué un naufrage en approchant trop près des côtes et d'avoir abandonné son bateau avant que tous les occupants n'aient été évacués.

Il a comparu mardi devant la justice. Dans sa décision, le juge a estimé que Schettino avait fait preuve d'une "incroyable négligence" et "d'une incapacité totale à procéder aux différentes phases de l'alerte", notamment en ne déclenchant l'alarme qu'entre 30 et 40 minutes après l'impact.

Il a abandonné le navire et est resté sur le rivage pendant plus d'une heure, "regardant le navire sombrer".

Le capitaine a estimé, lui, qu'on devrait le remercier d'avoir sauvé "des centaines, sinon des milliers" de vies parce qu'il a approché le "Costa Concordia" près du rivage après avoir heurté un rocher, a dit son avocat, Me Bruno Leporatti.

En outre, son défenseur dit que le capitaine nie être le seul responsable du naufrage. Il a été en mesure de fournir des informations aux garde-côtes et aux secouristes durant l'évacuation, même s'il n'était pas à bord.

Un magistrat a décidé qu'il pouvait quitter la prison et être assigné à résidence à son domicile, près de Sorrente, au sud de Naples. Le parquet de Grosseto va faire appel de cette décision en mettant en avant le risque de fuite du suspect.

Gregory Schwartz, Henri-Pierre André et Benjamin Massot pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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  • marconge le jeudi 19 jan 2012 à 15:51

    En attendant, ils sont tous morts.