Les rebelles ukrainiens renient le cessez-le-feu à Debaltseve

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* Les rebelles disent que Debaltseve leur appartient * Le Kremlin dit que l'accord de Minsk doit être respecté * Les USA demandent la mise en oeuvre du cessez-le-feu (Nouveau lead, précisions) par Anton Zverev et Gleb Garanich DONETSK/ARTEMIVSK, Ukraine, 15 février (Reuters) - Les rebelles ukrainiens pro-russes ont renié le nouveau cessez-le-feu dimanche peu après son entrée en vigueur, en disant qu'il ne s'appliquait pas à la ville stratégique de Debaltseve où se sont déroulés l'essentiel des combats ces dernières semaines. Les armes se sont subitement tues à minuit, dimanche dans la majeure partie de l'est de l'Ukraine, conformément au cessez-le-feu décidé jeudi dans le cadre des accords quadripartites de Minsk, mais les rebelles pro-russes ont annoncé qu'ils n'observeraient pas la trêve à Debaltseve, noeud routier et ferroviaire situé entre les bastions séparatistes de Donetsk et Louhansk et où les forces gouvernementales sont quasiment encerclées. "Bien sûr que nous pouvons ouvrir le feu (sur Debaltseve). C'est notre territoire (...)", a dit à Reuters Edouard Bassourine, un commandant rebelle. "Le territoire est intérieur : le nôtre. Et intérieur, c'est intérieur. Mais, le long de la ligne de confrontation, il n'y a pas de tirs." L'ensemble des mesures sous-tendant l'accord de cessez-le-feu dans l'est de l'Ukraine doit être respecté "sans condition", a déclaré dimanche le porte-parole du président russe Vladimir Poutine en réaction à ces propos. ID:nL5N0VP0FC Les journalistes de Reuters présents dans les localités environnantes ont entendu dans la matinée des salves d'artillerie venant de la direction de Debaltseve, après une nuit qui avait été plutôt calme. Les Etats-Unis ont accusé l'armée régulière russe, équipée de chars et de lance-missiles, d'avoir mené une opération dans les jours ayant précédé la trêve pour encercler Debaltseve. Les journalistes de Reuters ont vu des colonnes de blindés sans insignes distinctifs arriver dans le secteur ces jours derniers. Le gouvernement ukrainien a déclaré dimanche matin que le cessez-le-feu était "globalement respecté". L'armée a indiqué que les rebelles séparatistes pro-russes avaient bombardé ses positions par dix fois depuis l'entrée en vigueur de la trêve, mais a décrit ces incidents comme "localisés". Neuf militaires ont été tués samedi mais aucun depuis l'entrée en vigueur de la trêve, a dit l'armée. Les autorités ont également fait état de deux civils tués quelques minutes après minuit dans un lieu non précisé. A Donetsk, les canons se sont tus immédiatement alors que les tirs d'artillerie et de roquettes retentissaient encore toutes les cinq secondes dans les minutes précédentes. Une seule explosion a été entendue dans la matinée dans la banlieue. "Hier et le jour d'avant, c'était chaud. Ils tiraient de partout. Mais aujourd'hui, c'est tranquille et calme. Tout est bien", déclare Rodion Biraliane, 50 ans, un habitant de Donetsk. Le responsable de l'administration de Louhansk sous contrôle de Kiev, Hennadiy Moskal, a confirmé dans une déclaration sur internet que si les pilonnages avaient globalement cessé dans la région de Louhansk, "un cessez-le feu complet n'était pas en vigueur". Vêtu de son uniforme de commandant suprême des forces armées, Petro Porochenko a annoncé la trêve lors d'une allocution télévisée à Kiev. Il a déclaré que la situation autour du carrefour stratégique de Debaltseve, assiégé par les rebelles, restait "alarmante", et prévenu aussi que l'armée répliquerait en cas d'attaque. L'accord conclu jeudi lors du sommet quadripartite de Minsk qui réunissait les présidents ukrainien Petro Porochenko, russe Vladimir Poutine, français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, prévoit notamment la création d'une zone démilitarisée et le retrait des armes lourdes. Le conflit dans l'est de l'Ukraine, qui a débuté en avril dernier, a fait plus de 5.000 morts. Les quatre dirigeants feront dimanche après-midi par téléphone une première évaluation de la mise en oeuvre du cessez-le-feu, a déclaré la présidence françaises. Dans une conversation téléphonique avec son homologue russe Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie américaine John Kerry a appelé à la mise en oeuvre du cessez-le-feu et a exprimé son inquiétude au sujet de la situation à Debaltseve. Le président Barack Obama avait quant à lui exprimé sa "profonde préoccupation" à propos des violences autour de Debaltseve avant le cessez-le-feu. (Avec Pavel Polityuk et Alessandra Prentice; Jean-Stéphane Brosse et Danielle Rouquié pour le service français)

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