Les rebelles touaregs du Mali rejettent l'accord d'Alger

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(Actualisé avec nouvelle déclaration des rebelles) BAMAKO, 16 mars (Reuters) - Les rebelles touaregs du nord du Mali, après consultation de leur base, ont finalement rejeté l'accord de paix préliminaire proposé le 1er mars à Alger, estimant que ce texte ne s'attaquait pas aux racines du conflit. Ils se disent cependant disposés à poursuivre les négociations avec le gouvernement de Bamako. La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), qui représente cinq groupes rebelles, dit estimer que l'accord d'Alger, rédigé après huit mois de discussions, est une bonne base pour la poursuite des discussions, mais qu'il ne répond pas aux aspirations du peuple touareg et qu'il doit être amélioré. "C'est pourquoi, (la CMA) appelle à une réunion avec la médiation et les partenaires internationaux concernés dans le but de discuter du processus", a déclaré le CMA dans un communiqué envoyé à la presse et diffusé sur le site internet du MNLA, le Mouvement national de libération de l'Azawad, un des groupes rebelles du Nord Malien. Le communiqué de la CMA est signé Bilal Ag Acherif, secrétaire général du MNLA. Moussa Ag Assarid, représentant de la CMA auprès de l'Union européenne, avait auparavant lui aussi émis un avis dans le même sens. "Toutes les commissions qui ont travaillé sur le document pensent qu'il ne peut apporter la paix", a dit à Reuters Moussa Ag Assarid. "Les différentes commissions ont dit au CMA de ne pas signer le document. Nous pourrions poursuivre les discussions avec Bamako pour trouver un document acceptable et réaliste", a-t-il toutefois ajouté. Moussa Ag Assarid a précisé que la direction de la CMA remettrait sa réponse détaillée aux diplomates qui doivent se rendre mardi à Kidal, dans le nord-est du Mali. Le 1er mars, sous la médiation de l'Onu, le gouvernement malien a signé dans la capitale algérienne cet accord préliminaire censé mettre fin aux insurrections dans le nord du Mali, mais les rebelles avaient réclamé davantage de temps pour procéder à des consultations. Deux ans après l'intervention française au Mali, la région reste en proie à l'instabilité et les mouvements islamistes qui menaçaient alors de marcher sur Bamako pourraient à nouveau en tirer parti. La France, indique-t-on de source diplomatique française, "appelle la Coordination des mouvements de l'Azawad à parapher l'accord de paix du 1er mars, en l'état, comme l'ont fait les autres parties". "Les négociations d'Alger sont achevées. Cet accord de paix offre un cadre global et équilibré pour la paix au Mali", ajoute-t-on de même source. L'armée française est intervenue au Mali en janvier 2013 pour chasser des groupes djihadistes armés qui s'étaient emparés de la moitié nord du pays. Elle dispose toujours, dans le cadre de son opération antiterroriste Barkhane, d'un point d'appui permanent à Gao et d'une base avancée temporaire à Tessalit. (David Lewis avec John Irish à Paris; Guy Kerivel et Danielle Rouquié pour le service français)

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