Les rebelles syriens promettent de "libérer" Manbij de l'EI

le , mis à jour à 16:55
0
    * Les rebelles syriens à quelques kilomètres de la ville, 
mais l'EI résiste 
    * L'offensive serait menée par des combattants 
majoritairement arabes 
    * Manbij est une base arrière du terrorisme contre les USA, 
l'Europe et la Turquie, selon Ashton Carter 
 
 (actualisé avec précisions, Erdogan, Carter) 
    par Rodi Said 
    SUR LES RIVES DE L'EUPHRATE, Syrie, 2 juin (Reuters) - Les 
milices rebelles syriennes soutenues par les Etats-Unis ont 
annoncé jeudi leur intention de chasser l'Etat islamique de la 
ville de Manbij et de ses environs, dans le nord de la Syrie, en 
exhortant les civils à coopérer avec elles et à éviter les 
positions djihadistes.  
    "Nous confirmons que cette campagne se poursuivra jusqu'à la 
libération de chaque pouce de territoire de Manbij et de ses 
environs", dit un communiqué rédigé au nom des Forces 
démocratiques syriennes et d'un "conseil militaire de Manbij". 
    Le texte a été lu sur les rives de l'Euphrate par un 
commandant rebelle, Adnan Abu Amjad, l'un des chefs du conseil 
militaire de Manbij. Il a ajouté que la ville serait placée sous 
le contrôle d'un conseil civil une fois libérée. 
    Cette offensive sur Manbij avait été annoncée mardi par des 
responsables américains.   
    "Nous exhortons notre peuple dans la ville de Manbij à 
rester éloigné de tous les centres et des positions où sont 
présents les terroristes de Daech parce qu'ils seront la cible 
de nos forces. Nous appelons (les habitants) à prendre des 
mesures pour assurer leur sécurité", dit le communiqué rebelle. 
    "Nous appelons aussi notre peuple de Manbij à offrir son 
aide à nos forces", ajoute le texte.  
    Le commandant Amjad a déclaré que tous les groupes ethniques 
de la région, Arabes, Kurdes, Turkmènes, Adyguéens, étaient 
représentés au sein du conseil militaire de Manbij. 
     
    FEU VERT IMPLICTE D'ANKARA 
    En déplacement au Kenya, le président turc, Recep Tayyip 
Erdogan, a assuré que l'offensive était majoritairement menée 
par des combattants arabes et non par des Kurdes, ce qui a été 
perçu comme un feu vert implicite d'Ankara. 
    "On nous a dit que les YPG (les miliciens kurdes des Unités 
de protection du peuple) seront essentiellement chargés 
d'assurer des activités logistiques et que le gros des troupes 
sera arabe", a déclaré le chef d'Etat lors d'une conférence de 
presse. 
    "Nous surveillons tout ce qui se passe dans ce processus 
grâce à notre propre réseau de renseignement et notre chaîne de 
commandement. Nous verrons", a-t-il dit lorsqu'il a été 
interrogé sur le rôle des combattants kurdes. 
    De source militaire turque, on explique qu'Ankara a été 
informé de l'opération par Washington et que la Turquie ne peut 
y participer en raison de la participation des milices kurdes et 
parce que la poche de Manbij est au-delà de la portée de 
l'artillerie stationnées en Turquie. 
    L'opération, qui a commencé mardi après plusieurs semaines 
de préparatifs discrets, vise à couper l'accès de l'EI au 
territoire syrien le long de la frontière turque, que les 
djihadistes utilisent comme base pour assurer la circulation des 
combattants étrangers venant d'Europe ou y repartant. 
     
    BASE ARRIÈRE DU TERRORISME 
    Daech contrôle une bande frontalière de 80 km de long qui 
s'étend à l'ouest de Djarablous, elle-même située au nord de 
Manbij. 
    Une source kurde interrogée par Reuters à Beyrouth a prédit 
mercredi que Manbij tomberait en quelques jours, en précisant 
que les défenses des djihadistes sur la rive occidentale de 
l'Euphrate s'étaient effondrées dès le début de la campagne. Les 
milices syrienne ne serait plus qu'à six kilomètres de la ville. 
    Le conseil qui sera chargé d'administrer la ville une fois 
qu'elle aura été capturée a été mis sur pied au mois de mai à 
Sarrine, une ville dont les forces kurdes se sont emparées 
l'année dernière, a expliqué Cheikh Farouk al Machi, qui sera 
chargé de le diriger. 
    S'adressant à Reuters depuis la Syrie, il a déclaré que 
l'Etat islamique a lancé une campagne d'arrestations et qu'il a 
tenté de couper les communications dans la ville. "Les 
arrestations ont lieu dans la ville de Manbij, mais ils nous ont 
dit (...) qu'ils arrêtaient également des gens dans les zones 
rurales", a-t-il dit. 
    Nasser Hadj Mansour, conseiller du commandement général des 
Forces démocratiques syriennes, a dit à Reuters que l'Etat 
islamique ne refusera pas le combat. "De manière générale, la 
situation avance à un bon rythme, tout en gardant à l'esprit que 
Daech est toujours en mesure de combattre", a-t-il déclaré. 
    Selon le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter,  
la ville de Manbij a été utilisée par l'Etat islamique pour 
préparer des attaques contre les Etats-Unis, l'Europe et la 
Turquie, ce qui a justifié que Washington appuie l'offensive en 
cours. 
    "Nous savons qu'il y a des complots qui se préparent, depuis 
la ville de Manbij, contre les territoires européens, turcs, 
tous d'excellents alliés et amis, ainsi que contre les 
Etats-Unis", a dit Ashton Carter en déplacement à Singapour. Il 
n'a donné aucun détail. 
 
 (avec Tom Perry à Beyrouth, Humeyra Pamuk à Ankara et David 
Brunnstrom à Singapour; Jean-Stéphane Brosse et Nicolas Delame 
pour le service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant