Les rebelles syriens ont pris à l'EI le village symbole de Dabiq

le , mis à jour à 20:36
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 (actualisé avec déclaration d'Ankara) 
    BEYROUTH, 16 octobre (Reuters) - Les rebelles syriens 
soutenus par la Turquie ont annoncé dimanche avoir pris le 
contrôle de la localité symbolique de Dabiq, que tenait l'Etat 
islamique (EI) dans le nord-ouest de la Syrie. 
    Le succès de l'offensive a été confirmé par l'Observatoire 
syrien des droits de l'homme (OSDH). 
    Situé au pied d'une petite colline dans les plaines fertiles 
du nord-ouest de la Syrie, Dabiq se trouve à 14 km de la 
fontière turque et 33 km au nord d'Alep.  
    Le village n'est pas d'une importance stratégique majeure 
mais l'EI la présente comme le site de l'ultime bataille avant 
l'apocalypse entre musulmans et "infidèles" et a donné son nom à 
l'un de ses magazines publiés en ligne. C'est aussi dans ce 
village que le groupe extrémiste sunnite avait choisi d'exécuter 
l'otage américain Peter Kassig en 2014.  
    "Le mythe brandi par Daech de la grande bataille de Dabiq 
est terminé", a dit à Reuters Ahmed Osman, qui dirige le groupe 
rebelle Sultan Mourad, affilié à l'Armée syrienne libre (ASL). 
Il a ajouté que les rebelles, appuyés par des blindés et des 
avions turcs, avaient également pris la localité voisine de 
Soran. 
    Ces derniers temps, face à l'avancée des rebelles soutenus 
par Ankara, l'EI a cependant pris ses distances avec le 
symbolisme de Dabiq, estimant par avance que l'assaut lancé par 
ces insurgés n'était pas la bataille prophétique à laquelle il 
se référait. 
    Selon l'OSDH, l'organisation djihadiste avait affecté 1.200 
combattants à sa défense. 
    Une source militaire turque a cependant rapporté que les 
islamistes semblaient avoir quitté les lieux. Elle a ajouté que 
des groupes de rebelles avaient été visés par des tirs à 
l'extérieur du village et que plusieurs d'entre eux avaient été 
tués par des engins explosifs.  
    Les rebelles et l'armée turque s'employaient dimanche à 
sécuriser les environs et à empêcher toute fuite des derniers 
combattants djihadistes encore dans le secteur.  
    La prise de Dabiq s'inscrit dans le cadre de l'opération 
"Bouclier de l'Euphrate" lancée le 24 août dernier par la 
Turquie et ses alliés parmi les groupes rebelles syriens avec un 
double objectif: repousser les djihadistes de la zone 
frontalière et empêcher les Kurdes syriens d'étendre les 
territoires sous leur contrôle dans le nord de la Syrie. 
    Malgré la perte de Dabiq, l'EI contrôle toujours en Syrie la 
plus grande partie du bassin de l'Euphrate, d'Al Bab, 26 km au 
sud-est de Dabiq, à Rakka et jusqu'à la frontière irakienne. 
    Ankara a fait savoir ce succès des rebelles n'aurait aucune 
incidence sur la présence de forces turques sur le sol syrien. 
    "L'opération Bouclier de l'Euphrate se poursuivra jusqu'à ce 
que soyons convaincus que la frontière est tout a fait sûre, 
qu'il n'y ait plus d'attaques terroristes contre des citoyens 
turcs et que le peuple syrien se sente en sécurité", a déclaré 
un porte-parole du président turc, Recep Tayyip Erdogan. 
 
 (Angus McDowall et Tom Perry avec Orhan Coskun à Ankara; 
Henri-Pierre André, Jean-Stéphane Brosse et Nicolas Delame pour 
le service français) 
 
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