Les rebelles du nord de la Syrie prennent une base militaire

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LES REBELLES DU NORD DE LA SYRIE PRENNENT UNE BASE MILITAIRE
LES REBELLES DU NORD DE LA SYRIE PRENNENT UNE BASE MILITAIRE

AMMAN (Reuters) - Deux jours après la conquête de la ville de Djisr el Choughour, les rebelles islamistes du nord-ouest de la Syrie ont enregistré une nouvelle victoire en s'emparant lundi à l'aube de la base militaire gouvernementale de Camp Karmid dans la province d'Idlib.

Cette prise, annoncée par un commandant rebelle et attestée par des vidéos filmées par des combattants à l'intérieur de la base, signifie que les insurgés sunnites radicaux contrôlent désormais la majeure partie de la province et progressent vers Lattaquié, fief ancestral du président Bachar al Assad.

L'armée s'appuyait jusqu'alors sur Camp Karmid pour pilonner les localités sous contrôle rebelle dans cette région agricole frontalière avec la Turquie. En contrôlant la base, les insurgés pourront renforcer leur siège d'une autre grande base militaire, celle de Mastouma, située à proximité.

Les médias officiels syriens n'ont pas confirmé que le camp était tombé aux mains des rebelles, disant seulement que les forces loyalistes avaient tué des dizaines d'ennemis dans le secteur.

La coalition insurgée rassemble le Front Al Nosra, affilié à Al Qaïda, et les mouvements Ahrar al Cham et Djound al Aksa. L'organisation de l'Etat islamique (EI) n'en fait pas partie.

Selon Houssam Abou Bakr, un commandant d'Ahrar al Cham joint via Skype, la prise de Camp Karmid a été facilitée par une attaque suicide contre l'une des entrées de la base, menée à l'aide d'un camion chargé de deux tonnes d'explosifs.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui recueille des informations sur le conflit auprès des deux camps, a déclaré que deux kamikazes s'étaient fait sauter aux entrées du complexe militaire.

"C'était l'une des principales bases du régime dans la province d'Idlib, avec de nombreuses armes", a déclaré le fondateur de l'OSDH Rami Abdulrahman, selon qui les rebelles ont saisi au moins sept chars et de nombreux lance-roquettes.

L'alliance islamiste s'est emparée fin mars de la ville d'Idlib, la deuxième capitale provinciale à tomber aux mains de la rébellion depuis le début du conflit il y a quatre ans après celle de Rakka, tenue par l'EI.

Selon l'OSDH, 73 personnes ont trouvé la mort au cours des dernières 24 heures dans les bombardements de représailles menés par les forces gouvernementales contre les villes et villages rebelles de la province.

Au moins 53 civils ont péri dans un raid de l'aviation sur un marché bondé et un centre de déplacés dans la ville de Darkouch, au nord-ouest d'Idlib, précise l'Observatoire.

(Suleiman al Khalidi, Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

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