Les rebelles congolais du M23 quittent Goma

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LES REBELLES DU M23 SE RETIRENT DE GOMA EN RDC
LES REBELLES DU M23 SE RETIRENT DE GOMA EN RDC

par Ed Stoddard

GOMA, République démocratique du Congo (Reuters) - Les rebelles du M23 ont quitté samedi la ville de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), laissant espérer l'ouverture de négociations de paix avec le gouvernement de Kinshasa après huit mois d'insurrection.

Chantant et brandissant des armes, les combattants, qui avaient annoncé cette semaine leur intention de se retirer de la capitale de la province du Nord-Kivu d'ici samedi, sont partis à bord de camions remplis de vivres et de munitions.

Leur offensive menée fin novembre dans l'est du pays a fait craindre une extension du conflit aux pays voisins dans une région marquée par deux décennies de violences dont le bilan dépasse les cinq millions de morts.

Soumis à une forte pression diplomatique, le M23, qui avait menacé de "libérer" l'ensemble du pays et de renverser le président Laurent Kabila, a accepté la semaine dernière de quitter les villes dont il avait pris le contrôle.

Selon la RDC, la rébellion est soutenue par le Rwanda voisin qui orchestre l'insurrection dans l'est du pays pour s'emparer des riches ressources de la région, ce que Kigali dément.

Le retrait des insurgés de Goma, samedi matin, s'est effectué sous le regard de "casques bleus" uruguayens de l'Onu et de quelque 200 habitants venus assister au départ des rebelles vers d'autres positions situées à une vingtaine de kilomètres au nord de la ville.

Sur la route menant à l'aéroport et placée sous le contrôle des forces de l'Onu, une centaine de rebelles ont quitté la ville à pied.

"Nous partons aujourd'hui", a déclaré le chef militaire du M23, le colonel Sultani Makenga, à la presse.

Makenga, visé par une interdiction de voyager et un gel de ses avoirs par l'Onu pour sa participation au conflit, a expliqué que le retrait répondait à une demande du président ougandais Yoweri Museveni.

"Nous partons pour la paix", a-t-il ajouté à l'issue d'une brève cérémonie au cours de laquelle une quarantaine de ses combattants en tenue de camouflage ont paradé, dansé et chanté.

"SI KABILA NOUS PROVOQUE, NOUS REVIENDRONS"

S'il se déroule dans le calme, le retrait des rebelles de Goma pourrait permettre d'ouvrir la voie à d'éventuelles négociations de paix entre les rebelles et le gouvernement de Joseph Kabila.

Les rebelles accusent le chef de l'Etat de ne pas avoir respecté les termes des accords de paix du 23 mars 2009 qui prévoyait leur intégration dans l'armée.

Le président congolais s'est dit prêt à écouter les revendications des rebelles mais la méfiance persiste entre les deux camps et Laurent Kabila est soumis à une forte pression au sein sa propre armée pour privilégier l'option militaire aux pourparlers.

"Si Kabila nous provoque, nous reviendrons", a prévenu le colonel Makenga. "S'il veut la paix, il y aura la paix. S'il veut la guerre, il aura la guerre."

A Kampala, le ministre adjoint ougandais des Affaires étrangères, Asuma Kiyingi, a indiqué que son pays allait encourager les deux camps à se parler.

"Maintenant que le M23 s'est retiré, c'est important que le gouvernement de Kinshasa réponde à leurs revendications", a-t-il dit.

Selon les agences d'aide humanitaire, les récents combats ont fait des centaines de blessés et plusieurs milliers de déplacés.

Ed Stoddard, Marine Pennetier pour le service français

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