Les rebelles centrafricains vont remanier le gouvernement

le
0
LES REBELLES CENTRAFRICAINS COMPTENT REMANIER LE GOUVERNEMENT
LES REBELLES CENTRAFRICAINS COMPTENT REMANIER LE GOUVERNEMENT

par Paul-Marin Ngoupana

BANGUI (Reuters) - Les rebelles centrafricains qui ont renversé le président François Bozizé vont maintenir dans ses fonctions le Premier ministre et remanier "légèrement" le gouvernement formé à la suite d'un accord de partage du pouvoir conclu en janvier, a annoncé lundi leur porte-parole.

Accusant François Bozizé d'avoir trahi cet accord, les rebelles du Séléka l'ont renversé dimanche et leur chef, Michel Djotodia, s'est proclamé président.

Ce coup d'Etat a été condamné par l'Union africaine, tandis que la France, qui a renforcé son dispositif militaire, les Etats-Unis et le Tchad ont appelé les rebelles à respecter les termes de l'accord de partage du pouvoir.

"Nous respecterons l'accord de Libreville: une transition politique de deux à trois ans avant des élections", a réagi le porte-parole des rebelles, Eric Massi. "Le Premier ministre actuel reste en place et le gouvernement va être légèrement remanié."

"Bangui est calme et sous notre contrôle mais nous avons des choses à faire sur le terrain en termes de sécurité. Il faut mettre fin aux pillages", a ajouté par téléphone Eric Massi, en évoquant les nombreux pillages de commerces et de domiciles signalés dimanche.

Le chef du Séléka, Michel Djotodia, avait été nommé vice-Premier ministre du gouvernement composé de partisans de François Bozizé, de représentants de l'opposition civile et de rebelles.

Le Séléka ("alliance", en langue songo) rassemble cinq mouvements rebelles qui sont repassés à l'offensive jeudi dernier en accusant François Bozizé d'avoir failli à sa promesse de les intégrer au sein de l'armée.

TREIZE SOLDATS SUD-AFRICAINS TUÉS

Les rebelles sont arrivés sans rencontrer de résistance aux portes de Bangui, où ils se sont heurtés au contingent sud-africain déployé en Centrafrique dans le cadre d'un accord militaire entre les deux pays.

Au moins treize soldats sud-africains ont été tués au cours de ces combats, 27 autres ont été blessés et un est porté disparu, a annoncé lundi le président Jacob Zuma, parlant d'un "triste jour" pour l'Afrique du Sud.

La France a de son côté renforcé son dispositif militaire à Bangui, mais sans prendre part aux combats. Les 250 soldats déjà sur place ont été rejoints par 300 militaires supplémentaires, chargés notamment d'assurer la sécurité de l'aéroport, des missions diplomatiques et des quelque 1.200 ressortissants français qui vivent en Centrafrique.

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a jugé lundi qu'une évacuation des Français n'était pas d'actualité.

"Pour le moment, ce n'est pas nécessaire", a-t-il déclaré sur Europe 1. "Nous avons envoyé un certain nombre de troupes pour protéger nos ressortissants. Et les choses sont de notre point de vue sous contrôle concernant les Français."

Le chef de la diplomatie française a assuré que Paris ne chercherait pas à intervenir dans le conflit opposant le Séléka à François Bozizé.

"François Hollande l'a dit fort bien, nous n'avons pas à nous mêler aux affaires intérieures de la Centrafrique", a dit Laurent Fabius, ajoutant toutefois que "pour l'instant il n'y a pas de pouvoir légitime là-bas".

Des informations contradictoires circulent sur le lieu où se trouverait François Bozizé, qui a fui Bangui avant l'arrivée des rebelles. Certains le disent en République démocratique du Congo, d'autres au Cameroun.

Avec Ange Aboa à Yaoundé, Ed Cropley à Pretoria et Marine Pennetier à Paris, Bertrand Boucey et Tangi Salaün pour le service français

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant