Les rebelles centrafricains promettent un gouvernement d'union

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LES REBELLES CENTRAFRICAINS PROMETTENT UN GOUVERNEMENT D'UNION
LES REBELLES CENTRAFRICAINS PROMETTENT UN GOUVERNEMENT D'UNION

par Paul-Marin Ngoupana et Ange Aboa

BANGUI (Reuters) - Les rebelles centrafricains du Séléka qui ont renversé ce week-end le président François Bozizé se sont engagés à nommer un gouvernement de partage du pouvoir pour tenter de désamorcer les critiques de la communauté internationale.

Selon les dirigeants d'Afrique centrale, le responsable du Séléka, Michel Djotodia, qui s'est proclamé lundi président de la République centrafricaine (RCA), a sollicité leur aide pour rétablir l'ordre à Bangui au terme d'une deuxième journée de pillages auxquels ses propres hommes ont participé.

Le coup d'Etat issu d'une progression fulgurante des insurgés venus du Nord a été condamné par les Nations unies et l'Union africaine, cette dernière suspendant la participation de la RCA et décrétant des sanctions (interdiction de voyager et gel des avoirs) à l'encontre des responsables du Séléka.

Toutefois, les Etats-Unis, la France et le Tchad ont fait montre de pragmatisme en invitant les insurgés à respecter les accords de Libreville de janvier prévoyant la formation d'un gouvernement d'union.

Le Séléka a précisément justifié son coup de force par le non-respect, à ses yeux, de ces accords par le président François Bozizé. Ces accords stipulaient aussi l'intégration des anciens rebelles au sein de l'armée centrafricaine.

Le Cameroun a confirmé lundi que le chef de l'Etat déchu s'était réfugié sur son sol où il cherche un autre pays comme terre d'asile.

"Nous dirigerons le peuple centrafricain durant une période de transition de trois ans, conformément aux accords de Libreville", a affirmé le nouveau chef de l'Etat autoproclamé dans une déclaration enregistrée remise aux journalistes.

Cette déclaration n'a finalement pas été diffusée sur les ondes de la radio nationale en raison des coupures d'électricité qui continuent de plonger une partie de la capitale dans le noir.

PILLAGES À GRANDE ÉCHELLE

Michel Djotodia a précisé que le Premier ministre sortant, Nicolas Tiangaye, issu de l'opposition, resterait en fonction.

Lundi, le Conseil de sécurité de l'Onu a appelé toutes les parties à s'abstenir de toute violence à l'encontre des populations civiles, à rétablir la sécurité et l'ordre constitutionnel et à appliquer les accords conclus dans la capitale gabonaise.

Les Quinze du Conseil ont fait savoir qu'ils suivraient avec attention l'évolution de la situation en RCA et se tenaient prêts à envisager d'autres mesures le cas échéant.

A Bangui, quelque 600.000 habitants de la capitale étaient toujours privés mardi d'électricité et d'eau courante pour une troisième journée consécutive.

Malgré un couvre-feu, rebelles et civils continuent de se livrer à des pillages à grande échelle de bureaux, d'édifices publics et de commerces.

"L'ordre public est le problème n°1 actuellement", a reconnu le général Jean Félix Akaga, qui commande la force régionale d'Afrique centrale (Fomac). "Les chefs du Séléka s'efforcent de contrôler leurs hommes. Le président nous a demandé d'aider à rétablir le calme".

Selon ce général, les insurgés sont censés être confinés dans les casernes depuis lundi.

L'ONG Médecins sans Frontières a fait savoir que ses bureaux de Bangui et de province avaient été pillés. MSF exhorte par ailleurs toutes les parties à faire en sorte que la population puisse avoir accès à des soins médicaux.

La France, qui a refusé d'intervenir aux côtés de François Bozizé, a renforcé son contingent, passé à 550 hommes pour protéger ses ressortissants.

Paris a présenté lundi soir ses condoléances à l'Inde après le décès de ses deux ressortissants tués par erreur par les troupes françaises à l'aéroport de Bangui.

A Kampala, l'état-major a fait savoir mardi qu'il entendait maintenir en RCA les quelque 3.000 soldats ougandais déployés dans ce pays pour traquer Joseph Kony, le chef en fuite de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) qui errerait aux confins de la Centrafrique, du Soudan du Sud et de la RDC.

Le Séléka menace d'expulser toutes les forces étrangères présentes en RCA.

Avec Richard Valdmanis à Dakar, Michelle Nichols aux Nations unies et Elias Biryabarema à Kampala; Jean-Loup Fiévet pour le service français, édité par Tangi Salaün

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