Les rebelles affirment avoir détruit à un hélicoptère à Damas

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LES REBELLES AFFIRMENT AVOIR ABATTU UN HÉLICOPTÈRE À DAMAS
LES REBELLES AFFIRMENT AVOIR ABATTU UN HÉLICOPTÈRE À DAMAS

par Khaled Yacoub Oweis et Oliver Holmes

AMMAN/ALEP (Reuters) - Les rebelles syriens ont affirmé lundi avoir abattu un hélicoptère de l'armée de Bachar al Assad qui bombardait le quartier de Djobar, à Damas, où d'intenses combats ont éclaté.

La télévision officielle syrienne indique pour sa part qu'un hélicoptère s'est écrasé dans la capitale, sans préciser les circonstances.

Touché par un projectile lors d'un violent échange de tirs entre insurgés et forces syriennes, l'appareil a pris feu et s'est écrasé dans une ruelle du quartier résidentiel de Kaboun (nord-est), voisin de celui de Djobar, selon les témoins.

Des images vidéo tournées par des opposants montrent un hélicoptère en flammes s'abattant au sol, tandis que retentissent des "Allah Akbar!".

"Il volait au-dessus de la partie est de la ville et a tiré toute la matinée. Les rebelles ont tenté de le toucher pendant une heure, ils ont finalement réussi", a déclaré Abou Bakr, un militant du quartier, joint par Reuters via Skype.

De violents combats ont éclaté dans les faubourgs est de la capitale après la chute de l'hélicoptère, selon les opposants.

L'armée syrienne, épaulée par des hélicoptères, avait commencé dès dimanche soir à tirer des roquettes et des rafales de mitrailleuse sur les quartiers ouvriers sunnites de Djobar, Zamalka et Irbine, en périphérie est de Damas.

Selon des militants de l'opposition, au moins 62 personnes ont été tuées lundi dans l'offensive menée par l'armée dans la banlieue de Damas. Parmi ces victimes, onze ont été tuées à Djobar. Et sur ces 11 morts, cinq ont été exécutés sommairement par les forces de sécurité tandis que les autres sont mortes dans le bombardement de leurs domiciles.

Des images diffusées par l'opposition montrent 20 corps, dont ceux de trois enfants, gisant sur le sol d'une mosquée près de Zamalka. Les autres victimes ont été tuées lors du bombardement par l'armée des quartiers résidentiels d'Irbin, Harasta, Kfar Batna et Muleiha.

Selon les militants, cette vague de bombardements a été déclenchée par une attaque rebelle qui a coûté la vie à un tireur embusqué près d'un carrefour à Djobar, à proximité d'un stade transformé en base militaire par les forces loyalistes. Un autre sniper a été capturé.

"L'armée d'Assad s'est vengée en arrêtant arbitrairement 100 personnes à Djobar. Les hélicoptères ont largué des tracts en ordonnant de livrer ce que le régime décrit comme des terroristes ou de s'exposer à des représailles", a déclaré Abou Omar, un commerçant joint par téléphone.

DEMANDES D'ENQUÊTE

Cité par l'agence de presse iranienne, le ministre syrien pour la Réconciliation nationale a dénoncé un complot d'Israël et des Etats-Unis et a rendu hommage à l'Iran pour son soutien.

"Nous sommes confrontés à des parties armées qui agissent dans le cadre d'un complot américano-israélien et nous allons les détruire parce qu'ils essaient d'abaisser la Syrie en provoquant des conflits internes et tribaux", a déclaré Ali Heidar. "Les Etats-Unis et Israël ont des plans qui sont mis en oeuvre via le Qatar, l'Arabie saoudite et la Turquie."

Après l'annonce par l'opposition dimanche de la découverte de plusieurs centaines de cadavres à Daraya, dans la banlieue de Damas, la France s'est déclarée "profondément choquée" et a demandé l'ouverture d'une enquête par le biais du porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est lui aussi déclaré "choqué" par ce "crime" et a demandé une enquête immédiate indépendante par la voix de son porte-parole.

Dimanche, des opposants ont dit avoir découvert près de 320 cadavres, dont des femmes et des enfants, dans des maisons et dans des caves de la ville. Selon les insurgés, les victimes ont été exécutées de manière sommaire par les soldats lorsqu'ils ont repris le contrôle de la ville, maison par maison.

L'agence officielle de presse syrienne a mis en cause les rebelles. "Nos forces armées héroïques ont nettoyé Daraya des derniers représentants des groupes terroristes armés qui ont commis des crimes contre les fils de la ville", a déclaré l'agence.

Ces informations émanant des opposants au président Bachar al Assad n'ont pas pu être vérifiées de façon indépendante.

Le président français, François Hollande a de nouveau demandé le départ de Bachar al Assad et estimé que l'usage d'armes chimiques par le régime en place en Syrie serait une "cause légitime d'intervention directe" de la communauté internationale dans ce pays.

Par ailleurs, le caméraman turc Cuneyt Unal, porté disparu, est apparu lundi dans une vidéo diffusée par la télévision d'Etat syrienne dans laquelle il affirme avoir été enlevé par des militaires à Alep.

Au moins 17 journalistes ont trouvé la mort en Syrie depuis le début du soulèvement populaire contre le régime de Bachar al Assad, mi-mars 2011. Au total selon l'Onu, plus de 18.000 personnes ont été tuées dans les affrontements entre l'opposition syrienne, majoritairement sunnite, et les forces du gouvernement de Bachar al Assad, issu de la minorité alaouite, une branche de l'islam chiite.

François Hollande a demandé à l'opposition syrienne de constituer un gouvernement provisoire appelé à devenir le "représentant légitime de la nouvelle Syrie", que Paris serait prêt à reconnaître.

Jean-Philippe Lefief, Jean-Stéphane Brosse, Marine Pennetier et Danielle Rouquié pour le service français

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