Les raisons du retour en grâce de Total Gabon

le
0
Total Gabon
Total Gabon
(lerevenu.com) - Toujours prisé de certains investisseurs pour l'importance du rendement offert par son dividende (environ 5,6%), le titre de la filiale à 58,3% de Total connaît un rebond significatif depuis un an (+34%). Pourtant, les comptes de 2012 ont montré que le groupe pétrolier restait pénalisé par le déclin naturel de ses champs de production au Gabon, alors qu'il consent de lourds investissements pour les re-développer. L'an dernier, la production a diminué de 2,8%, à 454.000 barils et le bénéfice net a reculé de 6% à 330 millions de dollars, devise dans laquelle sont libellés les comptes. Et au premier trimestre, la production des champs opérés par Total Gabon s'est encore réduite de 9%.

Le regain d'intérêt pour l'action Total Gabon tient aux espoirs que fait naître le premier forage offshore de la compagnie, à des milliers de mètre sous le niveau de la mer et sous d'épaisses couches de sel qui ne sont pas sans rappeler les formations géologiques du bassin de Santos, au large des côtes brésiliennes. Les milieux pétroliers attendent avec impatience le résultat du fonçage de ce premier puits dans cette zone. Le Gabon dont la production pétrolière qui représente 80% des revenus du pays ne cesse de décliner depuis quinze ans pourrait receler, dans ses eaux territoriales, des réserves d'hydrocarbures équivalentes à celles mises à jour en 2007 dans l'offshore brésilien.

La décision du gouvernement gabonais de ne pas renouveler, en 2015, la concession d'Addax Petroleum, la filiale du pétrolier chinois Sinopec, plonge néanmoins l'industrie dans la plus grande perplexité. Le ministre du pétrole du pays, Etienne Ngoubou, invoque des infractions commises par la compagnie chinoise. Deux autres groupes pétroliers étrangers seraient aussi dans sa ligne de mire. D'après des informations non confirmées du Financial Times, Total Gabon et Shell Gabon ne seraient pas visés.

Le Gabon qui prépare une mise aux enchères de plusieurs blocs d'exploration offshore veut reprendre la main sur le contrôle de ses ressources d'énergie. Mais le pays qui vient de créer une compagnie pétrolière nationale, Gabon Oil Company, n'en a pas moins besoin des compétences techniques des grandes majors, en particulier pour l'extraction de brut dans l'offshore profond, si les forages de prospection de Total Gabon s'avèrent fructueux.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant