Les raisons d'une malédiction

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Les raisons d'une malédiction
Les raisons d'une malédiction

Alors qu'il avait l'occasion de donner la victoire à Rennes face à Bordeaux dimanche, Giovanni Sio a manqué le sixième penalty consécutif de son équipe. Une invraisemblable statistique analysée par Jérôme Rothen, grand connaisseur du sujet.

Cela risque encore d’être atelier penalties du côté de de l’Ille-et-Vilaine cette semaine. Dimanche face à Bordeaux (2-2), le Stade Rennais a réussi l’improbable exploit de manquer un sixième penalty de suite, le huitième en dix tentatives. Les supporters rennais ne doivent désormais plus avoir beaucoup de cheveux sur le crâne à force de se les arracher. Leurs joueurs leur ont réservé un final d’une frustration extrême face aux Girondins avec un penalty obtenu à la 94eme minute de jeu. Manqué bien sûr par Giovanni Sio qui a trouvé Cédric Carrasso sur la trajectoire de son tir trop timide. L’Ivoirien succède ainsi à Sylvain Armand, Paul-Georges Ntep et Pedro Henrique au triste palmarès. « Déjà, le problème de Rennes, c’est de ne pas avoir de tireur attitré, nous a expliqué Jérôme Rothen. Dans un club, il y a un mec qui est tireur et un deuxième qui est là au cas où le premier n’est pas là ou ne le sent pas. Mais là, tu as l’impression que quand il y a un penalty, tu ne sais pas qui va le tirer. Cela peut être Sio, Ntep ou Armand. »

La pression du tireur de penalty

Sylvain Armand justement, Rothen le connaît évidemment très bien pour avoir passé plusieurs saisons à ses côtés du côté du PSG. « Sylvain, j’ai joué avec lui et cela n’a jamais été un tireur de penalty. Il m’en a déjà raté à Paris lors des séances d’entraînement. » Pourtant pas question pour l’ancien international français de blâmer les fautifs : « Les gens vont dire que c’est facile de marquer un penalty. Non ! Il y a la pression à supporter et c’est un vrai geste technique. Il y la qualité technique, être sûr de sa frappe ainsi que le jeu avec le gardien. Si tu te mets devant une cage vide sans gardien et sans bruit, tu te dis que c’est facile de mettre un penalty. Mais quand il y a du monde dans les tribunes, le but, tu as l’impression qu’il a rapetissé. Et comme tu as la pression, le gardien prend presque toute la cage (sourire) ».

Rothen : « Ça n’est pas donné à tout le monde »

Vrai spécialiste en la matière puisqu’il n’en a pas manqué un seul dans sa carrière, même s’il a eu « parfois de la réussite », Rothen a donné quelques conseils aux coéquipiers de Benoît Costil pour mettre un terme à cette véritable malédiction. « Quand tu parles avec les gardiens, cela me paraît compliqué de l’arrêter si tu le mets en lucarne sur un côté, même si tu anticipes. Frapper à terre, c’est pareil. Le meilleur penalty pour un gardien est de frapper à mi-hauteur. Je n’ai jamais été gardien de but mais quand tu vas dans les cages pour déconner, tu ne plonges pas direct au sol ou en lucarne. Le jeu avec le gardien est important, à savoir s’il anticipe ou pas. C’est pour ça que c’est un geste technique à travailler. Juste avant la frappe, avant le dernier appui, voir s’il a anticipé ou pas. C’est un travail, il faut être sûr de sa frappe et gérer la pression. Ce n’est pas donné à tout le monde ».

Ntep, la solution ?

Et visiblement pas aux Rennais qui ont manqué une nouvelle belle occasion de se rapprocher du podium. Pour Jérôme Rothen, le principal fautif de cette série est Philippe Montanier. « Cela vient de l’entraîneur : il doit imposer une liste, explique le consultant de 37 ans. En fonction de l’état de forme, tu peux changer mais il faut absolument trouver un n°1. En lui mettant dans la tête que s’il rate, cela n’est pas bien grave et il retirera derrière. » L’ancien milieu gauche a sa petite idée quant à l’identité de celui qui mettra un terme à cette série : « Je pense qu’un mec comme Ntep a les épaules pour supporter cette pression. Cela se voit dans ce qu’il dégage. » Pourtant, le 18 septembre dernier, après un raté face à Lille, l’international tricolore avait annoncé qu’il ne voulait plus les tirer. « Deux échecs (ndlr : après Bastia en mai dernier), ça montre que j’ai encore du travail à faire. Je vais laisser ma place à mes partenaires pour les prochains. » On voit le résultat…

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