Les raffineries d'Europe n'achètent pas de pétrole à Daech-rapport

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    * Un budget annuel de deux milliards de dollars en baisse 
    * L'EI tire un quart de ses ressources du pétrole 
    * Seuls les impôts augmentent 
 
    par Gérard Bon 
    PARIS, 20 juillet (Reuters) - L'Etat islamique (EI) fait 
face depuis 2015 à une baisse constante de ses ressources et les 
raffineries européennes ne contribuent pas à son financement par 
l'achat de pétrole, selon un rapport de parlementaires français. 
    La possibilité que des Etats européens, a fortiori la 
France, aient pu indirectement financer l'organisation était 
l'une des raisons qui ont poussé des députés à créer une mission 
d'information sur les moyens de Daech, l'acronyme de l'EI.  
    "On peut affirmer que les Etats européens ne participent pas 
au financement de Daech", a déclaré mercredi le président Les 
Républicains de la mission, Jean-Frédéric Poisson. 
    Il a également affirmé lors d'une conférence de presse que 
rien ne permettait d'établir que le cimentier français Lafarge, 
devenu LafargeHolcim  LHNS.S   LHN.PA , ou ses entités locales, 
"ont participé, directement ou indirectement, ni même de façon 
passive" à ce financement.   
    Selon Le Monde, avant de tomber entre les mains de l'EI, la 
cimenterie d'Al-Jalabiah appartenait au groupe Lafarge qui se 
serait arrangé avec lui pour pouvoir continuer à produire et 
exporter entre le printemps 2013 et la fin de l'été 2014. 
    "Il n'y a pas eu de participation de Lafarge", a assuré 
Jean-Frédéric Poisson.  
    La mission mise en place depuis décembre 2015 a entendu une 
soixantaine d'experts et s'est rendue dans plusieurs pays 
(Belgique, Pays-Bas, Etats-Unis, Suisse, Turquie, Arabie 
Saoudite) pour comprendre sur quels ressorts repose l'EI. 
     
    DEUX MILLIARDS DE DOLLARS 
    Le budget de l'organisation a atteint jusqu'à deux milliards 
de dollars de revenus par an - un chiffre aujourd'hui en baisse 
- et sa première source de financement vient des ressources 
naturelles (pétrole, gaz), souligne-t-elle. 
    Le pétrole seul aurait représenté un quart de ses ressources 
en 2015, avec un revenu évalué entre 250 et 600 millions de 
dollars, indique le rapport. 
    Au début de l'année 2016, Daech contrôlait une capacité de 
production de l'ordre de 30.000 barils par jour.   
    "À titre de comparaison, les États-Unis ont produit, en 
2014, plus de 11 millions de barils par jour. Cela permet de 
relativiser le poids de Daech sur le marché pétrolier mondial", 
a souligné le rapporteur socialiste, Kader Arif. 
    L'utilité première du pétrole est d'alimenter les véhicules, 
blindés et chars qui participent à la puissance militaire de 
l'EI et d'exercer un certain contrôle sur la population locale.  
    Une autre source de financement est le trafic d'oeuvres 
d'art et d'antiquités, mais la mission estime qu'il n'existe 
"aucun chiffre sérieux", les estimations allant de quelques 
millions à 150 millions de dollars. 
    De même, le rapport estime qu'"aucun élément ne corrobore 
les accusations relatives au trafic de drogue", alors que 
l'existence de trafics d'êtres humains, accompagnés de pratiques 
barbares, est avérée.  
     
    12.000 HOMMES SEULEMENT 
    Selon le rapport, l'EI a également mis en place un 
"pseudo-système fiscal" qui s'apparente plus à des "mécanismes 
d'extorsion" et est en hausse pour combler la baisse des 
ressources pétrolières, notamment. 
    "Ce sont les seules ressources croissantes de 
l'organisation: de 360 millions de dollars en 2014, elles ont 
atteint entre 800 et 900 millions de dollars en 2015, avec la 
création de nouvelles taxes sur l'eau et l'électricité", 
écrivent les députés.  
    Pour la mission, l'ampleur des financements étrangers de 
l'EI est "source de fantasmes" alors qu'ils ne représentent 
qu'une infime part des ressources de l'organisation, estimée à 
environ 5 millions de dollars par an. 
    "Il n'y a pas de financement d'Etat de Daech", a assuré 
Kader Arif en réponse aux soupçons visant l'Arabie saoudite. 
    La mission, qui note l'affaiblissement des moyens militaires 
de l'EI avec ses revers, estime que ses effectifs sont passés de 
35.000 combattants à 12.000 aujourd'hui, dont 600 Français. 
    En revanche, elle s'inquiète du professionnalisme de la 
propagande de Daech, capable d'adapter son discours à chaque 
âge, à chaque sexe et à chaque aire géographique, ses 
publications étant traduites en 11 langues. 
    "Les fournisseurs d'accès internet, d'applications en ligne 
et de réseaux sociaux ne semblent pas avoir pris la mesure de 
cette menace et doivent se doter d'outils et d'équipes 
performantes pour lutter contre la prolifération des discours 
extrémistes", déplore le rapport.  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
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