Les quatre ex-otages français en Syrie seront à Paris dimanche

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LES QUATRE JOURNALISTES FRANÇAIS OTAGES EN SYRIE ONT ÉTÉ LIBÉRÉS
LES QUATRE JOURNALISTES FRANÇAIS OTAGES EN SYRIE ONT ÉTÉ LIBÉRÉS

PARIS/ISTANBUL (Reuters) - Les quatre journalistes français otages en Syrie, Edouard Elias, Didier François, Nicolas Hénin et Pierre Torres, sont libres et en bonne santé et seront de retour en France dimanche vers 09h00 (07h00 GMT), a annoncé samedi l'Elysée.

Enlevés en juin 2013, ils sont arrivés en Turquie dans la nuit de vendredi à samedi, ont expliqué des responsables turcs. Ils se sont identifiés comme journalistes et ont été emmenés dans un commissariat dans la province de Sanliurfa.

"C'est très agréable de voir le ciel, de pouvoir marcher, de pouvoir parler librement", a déclaré Didier François, reporter d'Europe 1, dans une vidéo diffusée par une télévision turque où les quatre hommes apparaissent souriants.

"Ils sont en bonne santé", a assuré un responsable turc. "L'ambassadeur de France en Turquie est en train d'organiser les choses."

Le président François Hollande, le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, et les familles les accueilleront à leur arrivée à l'aéroport militaire de Villacoublay (Yvelines).

"UN TRAVAIL LONG, DIFFICILE"

Selon l'agence de presse turque Dogan, les quatre journalistes ont été trouvés par des militaires turcs mains attachées et yeux bandés après avoir été amenés tard vendredi soir à la frontière par des inconnus.

Toujours selon cette agence, ils avaient été enlevés par des rebelles de l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL). Cette organisation active initialement en Irak s'est ensuite implantée en Syrie à la faveur de la rébellion contre le régime de Bachar al Assad.

Didier François et le photographe Edouard Elias, qui travaille lui aussi pour Europe 1, ont été enlevés le 6 juin dans la région d'Alep. La radio a exprimé dans un communiqué "son immense soulagement et son immense bonheur" ainsi que sa "profonde reconnaissance aux pouvoirs publics".

Nicolas Hénin et Pierre Torres ont été enlevés le 22 juin mais les autorités françaises ne l'ont annoncé qu'en octobre.

Au moment de leur enlèvement, Nicolas Hénin préparait un reportage pour le magazine Le Point et la chaîne de télévision Arte et Pierre Torres devait couvrir des élections organisées par la municipalité de Rakka, dans le nord de la Syrie.

Leur libération, souligne Laurent Fabius dans un communiqué, "est le résultat d'un travail long, difficile, précis, nécessairement discret".

Alain Marsaud, ancien magistrat chargé des dossiers de terrorisme aujourd'hui député UMP des Français de l'étranger, a estimé sur I>Télé qu'"il y a toujours une contrepartie" et que "si ce n'est pas nous qui payons, c'est d'autres qui payent à la place".

"Nos amis, soit qataris soit des Emirats arabes unis, ont dû faire un geste", a-t-il ajouté. "Est-ce que ce geste c'est de l'argent, est-ce que ce geste ce sont des armes ? Nous le saurons peut-être un jour, peut-être qu'on ne le saura jamais."

L'Elysée précise dans son communiqué que "le président de la République reste préoccupé par le sort des deux autres ressortissants français toujours détenus au Sahel", Serge Lazarevic, enlevé en novembre 2011 dans le nord du Mali, et Gilberto Rodriguez Léal, dont la capture en novembre 2012 dans l'ouest du Mali a été revendiquée par le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest).

Le président de la République "réaffirme son soutien à leurs familles et rappelle sa détermination et la mobilisation sans relâche des services de l'Etat pour obtenir leur libération", a ajouté l'Elysée.

(Jean-Baptiste Vey, Bertrand Boucey et Myriam Rivet à Paris, Seda Sezer à Istanbul, édité par Marc Angrand)

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