Les puces de Saint-Ouen changent de propriétaire

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Jean-Cyrille Boutmy, le patron de Studyrama, a racheté deux des marchés emblématiques au duc de Westminster, annoncent Les Échos .

Les puces de Saint-Ouen entament leur mue. William Delanoy, le nouveau maire de la ville qui a présidé un temps l'Association pour la défense et la promotion des puces de Saint-Ouen, avait déjà annoncé plusieurs projets visant à rénover ce paradis de la chine. Une autre étape de la transformation se concrétise avec le rachat de deux marchés emblématiques des puces, Paul-Bert et Serpette, par Jean-Cyrille Boutmy, le patron de Studyrama, annoncé ce mardi par Les Échos . Le montant de la transaction n'a pas été confirmé mais elle est estimée entre 25 et 30 millions. Une bonne affaire pour Jean-Cyrille Boutmy, puisque les deux marchés avaient été cédés en 2005 pour une cinquantaine de millions d'euros, soit près du double des sommes évoquées.

L'entrepreneur succède ainsi à un propriétaire prestigieux mais controversé: le duc de Westminster avait acquis les deux marchés il y a neuf ans via sa société Grosvenor. Mais les relations entre Gerald Cavendish Grosvenor et les commerçants n'ont cessé d'être orageuses, les premiers reprochant au second de ne voir dans les puces qu'un investissement immobilier de plus. Le duc possède notamment les immeubles de Belgravia et Mayfair à Londres, les quartiers les plus huppés de la capitale britannique. Mais Paul-Bert et Serpette ne sont pas seulement des marchés particulièrement rentables. Ils font partie d'un ensemble patrimonial, classé depuis 2001 comme une «zone de protection du patrimoine architectural urbain et paysager». Jean-Cyrille Boutmy espère rétablir un climat de «sérénité».

Ce renouveau sera crucial pour les puces de Saint-Ouen, qui revendiquent aujourd'hui plus de cinq millions de visiteurs par an. Ce qui en fait le quatrième site touristique de France. Elles attirent un public éclectique, composé à la fois de jeunes Parisiens en quête de bonnes affaires et de chineurs avisés. De plus en plus branchées, les puces ont récemment accueilli Ma Cocotte, une cantine chic imaginée par le designer français Philippe Starck. De quoi donner un coup de jeune à cette brocante devenue un incontournable du patrimoine francilien.

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