Les propositions de la CFDT pour sauver les retraites complémentaires

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La CFDT rend public ses propositions pour améliorer les comptes des caisses de retraite complémentaire, dans l'optique des négociations du 16 octobre prochain.

Dans une interview accordée au quotidien Les Echos ,le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger lève le voile sur les propositions du syndicat sur la question du financement des retraites complémentaires. Le 16 octobre prochain s'ouvre en effet une période de négociation des partenaires sociaux sur ces caisses pour redresser la barre avant 2019.

«Nous voulons un accord» assure Laurent Berger, assumant clairement sa position d'ouverture et de dialogue. Une position que n'a pas toujours, selon lui, la principale organisation patronale dans la négociation: «Le Medef joue manifestement la montre (…) J'espère que le patronat ne va pas opter pour la politique de la terre brûlée en attendant une éventuelle alternance en 2017».

Côté contenu des propositions, la CFDT espère une réduction notable du déficit dès 2019 avant d'atteindre un retour à l'équilibre en 2024. Plusieurs pistes pour cela. Tout d'abord, côté pension, le syndicat n'hésite pas à proposer des compromis: «Nous sommes prêts à décaler la revalorisation des pensions complémentaires d'avril à octobre (…) On peut jouer aussi sur le taux de rendement du point de retraite, en restant au-dessus de 6%. Nous sommes prêts également à discuter de la poursuite, pendant trois ans, de la sous-indexation en les revalorisant de 1 point de moins que l'inflation (…)».

«Nous prenons nos responsabilités»

Envisageant, mais sans en faire un cheval de bataille, la fusion à terme de l'Agirc et de l'Arrco, Laurent Berger considère que le patronat doit faire un effort: «une hausse des cotisations de 0,1% par an de 2019 à 2021, ainsi qu'une contribution patronale en cas de séparation d'un salarié au-delà de 50 ans». Le dirigeant syndical accepte cependant l'idée que les salariés portent aussi une partie de la charge financière du redressement des caisses: «Nous prenons nos responsabilités en proposant une contribution de solidarité intergénérationnelle assumée par les salariés partant à la retraite. Cette contribution serait limitée en montant et serait versée pendant deux ans». Un effort du salarié mais qui n'a rien à voir, selon lui, avec ce qu'exige le patronat: «A l'inverse du Medef, notre but n'est pas de pousser les salariés à prolonger leur carrière (…) mais à leur demander un effort de solidarité pour sauvegarder leur régime de retraite». Autre concession que la CFDT est prête à faire, «la mise sous condition de ressources des pensions de réversion».

Autant de mesures qui permettront, selon la CFDT, de ramener les caisses complémentaires à une situation de déficit modéré dès 2020 (- 1 milliard) et même d'être en excédent en 2030 (+700 millions). Et la situation est urgente: les caisses n'ont en réserve que dix mois de cotisations.

La CFDT abordera donc la journée du 16 octobre avec des propositions définies et une certaine ouverture face aux exigences patronales… tout en voulant mettre le Medef face à ses responsabilités pour sauver dans la durée les retraites complémentaires: «Nous sommes conscients de la nécessité de ne pas alourdir le coût du travail, voilà pourquoi nous ne touchons pas aux cotisations avant 2019, et de façon modérée. Après, il y a visiblement des débats au sein du patronat, c'est à lui de les régler».

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  • M1961G le jeudi 24 sept 2015 à 15:48

    la complémentaire reverse trop . ainsi , il faut baisser de 5% la complémentaire de tout les retraités et surtout ceux qui y sont et pas spolier les futurs car les caisses sont vides par les retraités qui ont trop perçus . les retraités ont un pouvoir d'achat fort comparés à l'actif . je suis actif et ne part pas en vacance , alors que certains retraités partent 5 à 6 fois par ans . ou ont ils cet argent!!!!!!!!

  • b.renie le jeudi 24 sept 2015 à 06:22

    Il y a deux choses à faire. Confier la gestion des retraites à des gens sérieux et virer les syndicats qui n'ont aucune compétence en la matière et plus sont dogmatiques vivant sur des idées datant de 1945. Construire un système unique de retraite pour tous les français mettant en œuvre un système de points que chacun cotisera à un niveau minimum qu'il pourra dépasser s'il le veut afin de pouvoir cesser de travailler quand il le voudra. Régimes spéciaux : l'armée, les pompiers, les médecins

  • paspil le jeudi 24 sept 2015 à 01:40

    il faut un excedent pour boucher les trous des regimes speciaux et preserver la retraite des cheminots à 52 ans ...

  • mlemonn4 le mercredi 23 sept 2015 à 23:19

    CFDT et syndicats de fonctionnaires sont les pyromans pompier! ils ont tellement bien géré avec l'état et les patrons les retraites qu'ils vont nous apporter les solutions ! mais qui a accepté que le financement des pré retraites ne soit pas financé depuis 30 ans? Qui a laissé faire cette spoliation industrielle organisée ? aujourd'hui les caisses sont vides, le nombre de chomeurs augmentent et les salariés qui ont cotisé sont pris au piège de leur incompétence et irresponsabilités !