Les professions libérales décidées à se faire de nouveau entendre

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Médecins, avocats, notaires accélèrent leur campagne. Les « asphyxiés » sont remobilisés après une première victoire au Conseil constitutionnel.

Retour à l'envoyeur! Les professions libérales, loin d'avoir décoléré pendant la trêve des confiseurs, sont plus remontées que jamais. Leur syndicat, l'UNAPL, a décidé de renvoyer symboliquement au gouvernement «ses cadeaux toxiques de la fin de l'année», matérialisés par des paquets au contenu vide et enrubannés avec des petites têtes de mort. Ceux-ci seront expédiés à Matignon ainsi que dans les différents ministères concernés (Santé, Travail, Finances) et déposés dans toutes les préfectures par les structures territoriales de l'UNAPL. «Après Noël, beaucoup de gens revendent sur eBay les cadeaux qui ne leur plaisent pas. Nous, nous avons reçu des cadeaux empoisonnés, nous les renvoyons à l'expéditeur», a expliqué au FigaroMichel Chassang.

En ligne de mire? La réforme des retraites qui prévoit la désignation par décret du directeur des caisses de retraite des libéraux. Ces derniers crient à la nationalisation de leur système de retraite et soupçonnent l'État de vouloir, sans le dire, faire main basse sur leurs 21 milliards d'euros de réserves accumulées pour faire face au départ des baby-boomers, alors qu'ils reversent déjà 30 % de leurs cotisations à la compensation nationale.

Autre cadeau jugé empoisonné: la réforme de la représentativité patronale et du financement de la formation professionnelle qui va avec. Alors qu'elles représentent 27 % des entreprises et emploient 2 millions d'actifs, l'UNAPL n'est pas jugée représentative et n'a donc pas le droit de participer aux négociations interprofessionnelles. «Le projet de loi a été élaboré sans concertation. Il vise à satelliser les entreprises libérales et à les exclure du dialogue social. On est complètement marginalisés, on nous a mis au sous-sol. C'est totalement inacceptable», s'insurge Michel Chassang.

Seul motif de satisfaction, les professions libérales ont obtenu gain de cause dans leur combat contre la hausse de 40 % de la cotisation foncière des entreprises (CFE) prévue cette année. Cette mesure a été censurée par le Conseil constitutionnelin extremis le 29 décembre, car jugée discriminatoire. «Le gouvernement voulait faire des cadeaux aux autres et baisser leur CFE, en nous demandant à nous de payer pour les autres. Heureusement que le juge constitutionnel nous a donné raison, car le gouvernement ne voulait rien entendre!», s'étrangle un médecin. «On est allé chercher cette victoire avec les dents, ce n'est pas un cadeau du gouvernement. Il a fallu que le Conseil constitutionnel s'autosaisisse», souligne un agent d'assurance.

«L'heure de tous les dangers»

La hausse de la CFE aurait coûté entre 500 et 1000 euros par profession libérale concernée, soit un coût total de 700 millions par an. «Cette censure envoie un vrai message au gouvernement pour la réforme fiscale. Il ne pourra pas faire du trop progressif, qui rend l'impôt inéquitable», affirme Michel Chassang. Au lieu de calmer la colère des professions libérales, cette victoire leur donne donc des ailes. «Ça montre qu'on obtient des résultats lorsqu'on se mobilise. Ce n'est pas le moment de lâcher prise car c'est l'heure de tous les dangers avec la rédaction des décrets sur le sujet des retraites, le passage à l'Assemblée nationale de la loi sur la représentativité patronale et bientôt la réforme fiscale», martèle Michel Chassang.

Les professions libérales, qui ont lancé mi-décembre une campagne de mobilisation baptisée les «asphyxiés» pour dénoncer leur ras-le-bol, affirment avoir déjà recueilli plus de 40.000 signatures à leur pétition. L'UNAPL, qui a également écrit à tous les parlementaires, a reçu des lettres de soutien de François Fillon et Rachida Dati, et des SMS de Xavier Bertrand et Jean-Pierre Door. Elle entend maintenir la pression «tant qu'aucune avancée positive ne sera pas enregistrée». Quitte, s'il le faut, à descendre dans la rue.

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  • jpb222 le lundi 13 jan 2014 à 11:59

    L UNAPL n a jamais rien fait pour les liberaux , Chassang , son president a signe tous les avenants a la convention medicale qui pourissent la vie des medecins . Et maintenant que la vraie contestation gronde ( UFLM , LES PIGEONS...) ces faux liberaux mais vrais fonctionnaires aux ordres de l etat veulent se metre a la tete de la contestation par des actions purements mediatiques et fantoches ; c est le pompier pyromane .....