Les produits bio continuent de gagner du terrain

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Alors que la consommation stagne dans les grandes surfaces alimentaires, le marché des produits issus de l'agriculture biologique a bondi de 10% l'an passé. Les distributeurs ont démocratisé ce segment.

Les produits bio semblent immunisés contre la crise. L'an passé, leurs ventes ont atteint près de 4 milliards d'euros, en croissance d'au moins 10%, selon les estimations de l'Agence Bio. Une sacré performance. Sur la même période, les ventes de produits de grande consommation (aliments et produits d'hygiène) ont, en effet, stagné en volume, et augmenté de seulement 3% en valeur.

Malgré des prix de 20% à 50% plus élevés, les produits bio, qui représentent moins de 2% du marché alimentaire, continuent de ­séduire les consommateurs. Toutefois, ces derniers sont moins nombreux à essayer le bio. En 2011, 40% des Français ont déclaré consommer au moins une fois par mois des produits biologiques, alors qu'ils étaient 43% en 2010 et 46% en 2009, selon un sondage de l'Institut CSA. «Dans un contexte de crise, la curiosité des consommateurs est moindre, reconnaît Élisabeth Mercier, directrice de l'Agence Bio. Mais la croissance du marché en 2008, année de crise, avait été de 25 % et de 19 % en volume». En revanche, 18% de ceux qui consomment au moins un produit bio par semaine ont l'intention d'augmenter leur consommation cette année. «Cela nous permet d'escompter une poursuite de la croissance des produits bio en 2012», déclare Élisabeth Mercier.

Plus de visibilité en rayon

«Le potentiel de nouveaux consommateurs reste là, la moitié des Français n'ayant pas de problème de pouvoir d'achat», estime Didier Perreol, président du groupe Ekibio (Priméal, Bisson, Ma vie sans gluten…), qui rappelle que les consommateurs de bio sont pour la plupart issus des classes aisées.

«Le marché continue à progresser car un effet d'offre contribue mécaniquement à l'augmentation des achats», ajoute Isabelle Senand, auteur d'une étude sur le bio pour Xerfi. C'est le résultat du nombre d'ouvertures d'enseignes spécialisées (Naturalia, Biocoop, La Vie Claire…), pionnières du bio, et de l'élargissement de l'assortiment en hypers et supermarchés. Aujourd'hui, 10% des ventes de lait sont réalisées au rayon bio, plus de 15% des ventes d'œufs mais 6% seulement des ventes de fruits et légumes. L'an passé, les innovations au rayon bio se sont multipliées parmi les marques nationales, du jambon Fleury Michon aux Pom'Potes de Materne Mont Blanc.

«Les distributeurs se sont imposés sur ce marché avec des marques nationales et leurs marques propres, explique Isabelle Senand. Toutes les enseignes ont désormais leur marque bio, c'est ce qui explique en grande partie la démocratisation du marché.»

L'écart de prix s'est, en effet, réduit en épicerie, fruits et légumes ou produits laitiers. «En cinq ans, nos prix ont baissé de 15%, grâce à l'augmentation des volumes qui nous a permis de gagner en productivité», confie Daniel Tirat, directeur général des 2 Vaches, la marque de yaourts bio de Danone, deuxième marque du marché.

En trois ans, le marché des produits laitiers frais bio a doublé à 100 millions d'euros. «Nous sommes dans une logique de recrutement des consommateurs, deux tiers de nos acheteurs n'ayant jamais consommé de yaourts bio, ajoute Daniel Tirat, qui testera le mois prochain chez Monoprix la vente de beurre et de crème fraîche Les 2 Vaches. Il faut que le bio soit encore plus visible en rayons.»

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