Les produits alimentaires «Gueules Cassées» font un carton en France

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Plus de 10.000 tonnes de fruits et légumes biscornus ont été vendus sous l'étiquette des Gueules Cassées en huit mois. La marque qui se bat contre le gâchis inspire également une dizaine de pays étrangers, qui se penchent sur son concept.

«Quoi ma Gueule?» Le slogan provocateur qui accompagne la petite pomme collée sur les produits biscornus et tachés est de plus en plus répandu dans les rayons de supermarché. Et pour cause, en huit mois plus de 10.000 tonnes de fruits et légumes ont été vendus sous la marque Gueules Cassées.

Créée par deux fils d'agriculteurs il y a un an, Gueules Cassées a acquis une notoriété inattendue sur tout le territoire. Leurs fruits et légumes ne sont pas parfaits, ils sont fendus, ont des petits défauts de calibrage ou d'aspect. Les camemberts de Normandie, plus vendus que leurs homologues AOP, sont produits avec le même lait cru que ceux-ci, mais leurs formes varient. Quant aux céréales, leur défaut de calibrage est parfois invisible à l'oeil nu. Pour autant, la qualité de tous ces produits est identique à celles des aliments standardisés. «Depuis la fin de la semaine, notre étiquette a conquis plus de 5000 enseignes: Carrefour, Leclerc, Monoprix, Franprix, Casino, Spar et Vival», explique Nicolas Chabanne, cofondateur des Gueules Cassées. Les recalés des fonds de cagette ont su convaincre leur cible: enseignes et consommateurs y trouvent parfaitement leur compte. «Le client achète 30% moins cher, et le distributeur ne paie plus la destruction des produits», poursuit Nicolas Chabanne.

Et les gueules cassées ne sont pas les seules à booster la notoriété de la marque. Les produits à date courte, commercialisés dans 2.350 magasins en France, démarrent aussi très fort. «Traditionnellement, les supermarchés enlèvent les produits conservés par une date limite de consommation (DLC) jusqu'à 6 jours avant expiration. Aujourd'hui, grâce à nos étiquettes, les produits sont laissés en rayons à un prix deux fois moins cher». Une initiative qui convainc tant que de nombreux consommateurs ont interpellé le collectif pour savoir quand les magasins proches de chez eux adopteraient ce dispositif. Face à l'afflux de demandes, les Gueules Cassées ont édité une lettre type que les clients peuvent remettre eux-mêmes au directeur de leur supermarché local. L'objectif: faire pression pour convaincre tous les magasins de mettre en place le dispositif «produits à date courte».

Le premier repère anti-gaspi

La pomme qui sourit n'interpelle pas que les consommateurs français. Dix-huit pays sont aujourd'hui intéressés par les étiquettes Gueules Cassées, tant pour les produits déformés que pour les produits bientôt périmés. De grands groupes européens sont également prêts à relayer l'initiative, pour que le logo devienne une référence. «Les tests faits au Japon sont positifs, et nous aurons au moins trois pays supplémentaires dans le circuit l'année prochaine. Nous sommes capables de sauver 10 fois plus de tonnes d'aliments», se félicite Nicolas Chabanne. «Il y a des chances que ça puisse fonctionner ailleurs, peut-être qu'est né le premier repère anti-gaspi international.»

Une aubaine lorsque l'on connaît les chiffres du gaspillage dans le monde. À l'heure actuelle, 40% de la production mondiale de nourriture est détruite avant même de rencontrer un estomac.

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  • faites_c le mardi 9 juin 2015 à 18:36

    Devinez donc pourquoi les dates courtes et les produits "gue ules cassées" sont plébiscités par les consommateurs? Eh oui, vous avez trouvé, ces produits identiques aux autres sont vendus entre 30 et 50% moins cher! La date limite indiquée sur des camemberts, yaourth et autres fromages blancs ne sert qu'à protéger juridiquement les entreprises mais il n'y a strictement aucun risque sanitaire même en dépassant de 2 mois cette date et on comprend donc pourquoi les dates courtes sont plébicitées!