Les producteurs laitiers étranglés par des prix d'achat trop bas

le , mis à jour à 07:15
7
Les producteurs laitiers étranglés par des prix d'achat trop bas
Les producteurs laitiers étranglés par des prix d'achat trop bas

« Ce n'est pas possible de vivre comme ça. Toutes les exploitations sont dans le rouge. Les gens ne s'en sortent plus. Nous, on demande juste à être payés pour notre travail. Lactalis est le numéro un mondial, il devrait montrer l'exemple. Mais au lieu de tirer les prix vers le haut, c'est l'inverse : aujourd'hui, Lactalis est le groupe qui rémunère le moins bien ses producteurs ! Ce n'est pas supportable... » Voilà en quelques mots les raisons pour lesquelles Christophe Lesouef, 43 ans, a décidé de répondre à l'appel du syndicat agricole FNSEA en allant manifester ce lundi soir devant le siège du géant laitier Lactalis à Laval (Mayenne).

Il nous reste exactement 1 100 € net pour vivre avec nos deux enfants

Il y a vingt ans, il a repris avec sa femme, Karine, l'exploitation de ses parents à Domjean (Manche). Ils ont aujourd'hui une centaine de vaches. « Un peu plus que lorsqu'on a commencé. Mais notre production de lait a doublé ! »

 

Le couple, aidé seulement d'un salarié à temps partiel, vend aujourd'hui 900 000 litres de lait par an, exclusivement à Lactalis. Pour produire un tel volume et s'adapter aux normes sanitaires, ils ont dû investir pas moins de 700 000 €... Le remboursement de cette dette s'ajoute évidemment à celui des parts sociales et aux charges. Résultat : « Il nous reste exactement 1 100 € net pour vivre avec nos deux enfants. Malgré tous nos sacrifices, c'est moins que ce qu'on gagnait quand on a repris la ferme », explique Karine.

 

Alors, qu'attendent-ils concrètement de Lactalis ? La réponse est claire : « Un prix rémunérateur. On veut juste vivre décemment de notre travail. Pour cela, on sait qu'il nous faut une rémunération aux alentours de 340 €/1 000 litres. Aujourd'hui, on est à 286 €. C'est à se demander si Lactalis ne souhaite pas que le nombre d'éleveurs diminue... On est d'autant plus amers que ce groupe est à la fois le premier collecteur de ...

Lire la suite de l'article sur Le Parisien.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • dominot il y a 4 mois

    après le lait ce sera la viande de porc, les fruits, la production viticole le blé les poulets....ils faut qu'ils s'adaptent, le monde a changé.....

  • kpm745 il y a 4 mois

    Lolo77 : C’est tout le modèle qu’il faut changer. Au lieu de pousser à investir dans les secteurs à valeur ajoutée (technologie, robotique, …), l’état socialiste (de gauche comme de droite) continue à subventionner des exploitations non retables, embaucher des fonctionnaires, laisser filer une immigration de bas niveau, canaliser l’épargne vers un secteur non productif comme le bâtiment. Continuons comme ça et nous iront droit dans le mur

  • Cambio17 il y a 4 mois

    Ca fait 40 ans qu'ils se plaignent ! Ils n'en n'ont jamais assez ! C'est celui qui aura la plus gros tracteur, la plus grosse ferme... Qu'ils fassent du Bio, après on verra...

  • loto77 il y a 4 mois

    et non kpm , avant il y avait les quotas supprimés par l'UE au nom du libéralisme ..Et ça marchait .Quant à supprimer ce qui est en trop ... j'espère pour vous que votre activité est bien accrochée ! Sinon le libéralisme va s'occuper de vous ... supprimer .

  • kpm745 il y a 4 mois

    Si toutes les exploitations sont dans le rouge, c'est qu'il y en a trop

  • c.voyant il y a 4 mois

    Les fruits et légumes dans les grandes surfaces sont comme la pomme de la sorcière qui a empoisonné Blanche Neige, bien calibrés, bien cirés, beaux à voir, mais empoisonnés par les pesticides et les fongicides. Ces fruits et légumes n'"EXISTENT PAS DANS LA NATURE", vous avez pu le constater en vacances sur les marchés de producteurs locaux!

  • bearnhar il y a 4 mois

    Le scandale est de les avoir laissé s'endetter à ce point, pour juste vendre du lait, sachant très bien ce que ça rapporte meme dans les " meilleures " années. Maintenant ils sont pieds et poings liés dans une monoproduction vendue à perte avec des dettes jusque là, et à mon avis c'était un peu le but, on n'accorde pas de tels crédits sans avoir en face des rentrées garanties. Le métier des banques c'est de couler les gens ?